Crise grecque : l’Europe kidnappée

Par

Ce sont les moments historiques qui constituent l’Europe bien plus que les traités. Et la réponse de Bruxelles au "non" grec sorti des urnes le 5 juillet signe la faillite morale de l’Europe. L’euro est apparu non pas comme un instrument d’échange entre Européens, mais comme un totem au nom duquel on pouvait sacrifier les peuples.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

La crise grecque réactive une question récurrente qui hante la construction européenne. Qu'est-ce que l'idée européenne? Dans l'Art du roman (Gallimard, 1986), Milan Kundera y répondait à sa manière ironique et paradoxale : « Européen : celui qui a la nostalgie de l'Europe ». L'Europe est-elle une chose du passé ? Le projet d'union économique monétaire n'est-il pas la caricature d'une Europe qui se survit à elle-même et qui poursuit sa route au delà de sa propre histoire à l'état de spectre ou de zombie ?