Jeremy Corbyn, ou comment repenser la social-démocratie

Par Fabien Escalona
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

Mediapart fait le choix d'un participatif sans modération a priori, merci de respecter notre charte. La rédaction peut mettre en valeur certains commentaires et se réserve le droit de supprimer tout commentaire hors sujet, répété plusieurs fois, promotionnel ou grossier.

Tous les commentaires

 

Voilà une bonne nouvelle (?)... Mais comment s'affranchir des "... spécificités britanniques..." quand, dans un même mouvement, ceux qui ont suivi (et plus...) G.W. Bush en Irak vilipendent vertement la "Sarkonnerie" Libyenne...

La "gauche britannique"... une excentricité... de plus... mais "à l'américaine"... la "sensibilité" sans la "conviction", des presque socialistes "à la française" en somme... c'est quoi le terme déjà... ah oui... pragmatisme... quand tu nous tiens !

 

 

Ne vous inquiétez donc pas , chez nous les "super héros" vont bientôt sauver la france en retournant aux urnes ...

 

batman

 

Il n'est point besoin d'ergoter sur la manière de ''repenser'' la social-démocratie, si l'on considére que l'Etat est notre bien à tous. Il est bien notre expression ultime et toute autre solution est vaine, et notamment les boutiques à potentats imaginés par écolo-libéraux. Un Etat qui protége, contrôle d'une manière efficace et responsable ( ses agents doivent être contrôlés et mieux payés ) et investit dans un certain nombre de secteurs qui appartiennent à la communauté nationale. Faut-il encore en déterminer les contours ( laSanté de toute évidence avec le maintien de notre médecine libérale, les transports y compris les autoroutes bien entendu, l'armement dans sa totalité, les Banques ( c'est une évidence ) sont à nationaliser selon des modalités qui n'avantagent pas outre-mesure leurs anciens propriètaires ).

"Il n'est point besoin d'ergoter sur la manière de ''repenser'' la social-démocratie, si l'on considére que l'Etat est notre bien à tous."

Le problème est que ce n'est pas le cas : l'État tel qu'il existe aujourd'hui est un instrument aux mains de la classe dominante.

L'appareil étatique est tenu par des gens qui sont les alliés naturels des capitalistes, formés dans les mêmes grandes écoles que les dirigeants des grandes entreprises publiques et privés qu'ils ont coutume de rejoindre en fin de carrière, et qui affichent en permanence leur mépris pour le peuple, ce sont les hauts fonctionnaires, qui monopolisent quasiment la politique. L'école de cet État, puisqu'on en parle, est faite pour sélectionner une élite avec ses codes. La police de cet État est employée avant tout pour protéger les possessions de la classe dominante, et a une attitude qui change du tout au tout en fonction de la classe sociale à laquelle elle est confrontée. La justice de cet État est à double vitesse non pas en fonction de la gravité des infractions (pourquoi condamner plus sévèrement le trafic de drogue qu'une évasion fiscale massive ?) mais en fonction de la classe à laquelle sont associées ces infractions.

C'est un État bourgeois, qu'il faut entièrement refondre. Il sera notre bien à tous lorsqu'il ne sera plus celui d'une classe. Ce jour-là, l'idéal républicain aura réellement triomphé. La voie pour cela passe par la dictature du prolétariat.

La dictature du prolétarisât est un concept totalelent périmé, qui a dramatiquement échoué dans ses versions soviétiques, maoïstes, albanaises et roumaines entre autres, du fait d erreurs de raisonnement sur la nature humaine par Engels et Karl 

elle a été abandonnée par tous les partis communistes 

en revanche une vision socialiste rénovée peut conduire à se réappropriai l État au profit de tous , ceci comme dit dans l'article peut être fécond 

"La dictature du prolétarisât est un concept totalelent périmé, qui a dramatiquement échoué dans ses versions soviétiques, maoïstes, albanaises et roumaines entre autres, du fait d erreurs de raisonnement sur la nature humaine par Engels et Karl"

Je suis d'accord que Marx et Engels ont commis des erreurs sur la nature humaine, le camarade Jacques Généreux explique bien pourquoi dans La dissociété et L'autre société. Mais ici, c'est vous qui commettez une erreur de raisonnement particulièrement grave : les expériences staliniennes, maoïstes, hoxaïstes et ainsi de suite n'avaient pas en commun que de revendiquer le marxisme mais aussi le léninisme, et même pire, puisqu'à partir de Staline, c'est une vision particulièrement caricaturale et tronquée du léninisme qui s'impose, en particulier pour ces régimes (et aussi pour les trotskystes français, d'ailleurs)... Chez Marx, l'émancipation du prolétariat est l'œuvre du prolétariat lui-même ; chez Lénine, cette émancipation est l'œuvre d'une avant-garde qui doit conduire la révolution, et chez Staline, Mao et consorts, cette "avant-garde éclairée" se voit même remettre tout pouvoir définitivement sur le prolétariat, ce qui est tout simplement la porte ouverte à une dictature non plus du prolétariat mais sur le prolétariat !

Aussi, pourquoi accuserait-on de ces échecs l'idée de dictature du prolétariat en général alors que ces différentes expériences ne représentent qu'une partie du marxisme ?

"en revanche une vision socialiste rénovée peut conduire à se réappropriai l État au profit de tous , ceci comme dit dans l'article peut être fécond"

Quelle vision socialiste rénovée ? Et comment s'emparerait-elle de l'État sans dictature du prolétariat ? Car je n'imagine pas une seconde la bourgeoisie décider d'elle-même de renoncer à son monopole de l'État sans que le prolétariat ne soit au pouvoir.

"elle a été abandonnée par tous les partis communistes"

Oui, et on voit ce que sont devenus les différents partis de la IIIème Internationale depuis, c'est à dire absolument rien, des fossiles incapables de porter quelque alternative que ce soit. Il suffit de regarder le PCF ou pire, le Parti Démocrate italien, pour s'en rendre compte. De toute façon, lorsque ces partis ont renoncé officiellement à la dictature du prolétariat, cela faisait de toute façon bien longtemps qu'ils avaient cessé d'agir pour la mettre en place?

Votre bonne volonté est touchante, et je ne me moque pas de vous, mais le terme "dictature" a trop de sang sur les mains, après le vingtième siècle.

Si on veut un etat dirigé par le peuple, il ne faut plus de chef mais que chaque poste executif sois gérer par un groupe tiré au sors et formé pour mettre en oeuvre les propositions, debattues et votées par le peuple. 

Tant qu'on voudra des zelites, des papas qui nous 'protége' , on aurra des facho, machiste. Nous ne sommes pas des enfants, nous n'avons plus besoin qu'on nous dise comment travailler, que faire ..

Passez-nous le socialisme, on vous passera la démocratie

Parce que la démocratie est passée par ici ?

Médiapart n'est-il pas le porte-drapeau même de la démocratie ?

j'ai ris la ... Un journal qui denonce les malversations c'est sure , mais c'est tout. Pour proner la democratie, il faut au moins respecter les gens, ce qui n'est pas le cas de mediapart, ils ecrivent bien macho, en ne citant pas trop les femmes, en mettant une minuscule a homme, leur tentative superbe de l'ete de nous faire decouvrir des femmes non connues mais importantes etaient mignon, mais qu'ils changent d'ecriture TOUT LES JOUR serait super pour les abonnées, nous payaons comme les mecs, et j'aimerai autant de respect et de visibilitée . 

PAr exemple l'article sur la primaire LR n'a pas un mot pour NKM... Faut le faire , on vois la que gauche et droite sont bien d'accord sur l'invisibilisation des femmes, et ca c'est un signe de faschisme, mais les males ne le voient pas sauf quand il sera trop tard. 

La social-démocratie n'a pas à être repensée mais à être passée par trois eaux pour qu'il n'en reste plus le moindre débris, pas vrai boubou?mais où t'es?

Effectivement,
Ce qu'il faudrait repenser en fait c'est le Communisme et l'Anarchisme.

L'anarchisme, faudrait surtout le tuer, on gaspillera moins de temps et d'énergie à courir après des chimères.

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

Boudinovitch estime que " peut-être un responsable sur deux, au PG, est passé par l'OCI (ou le PT)". Je suis portée à le croire!

C'est vrai de Cambadélis (premier secrétaire), Mélenchon (ex-secrétaire d'Etat) et Jospin (ex-premier ministre). Qui d'autre ?

Si cette affirmation est vérifiable pour la bande à Mélenchon, il y a réellement de quoi se faire du soucis.

C'est juste un idolâtre qui prétend supplanter les fétichistes (du bifton).

Ce sera pareil quoique différent, et inversement. 

 

Ce qui est ennuyeux là-dedans, c'est que l'OCI, qui a certains égards ressemblait pas mal à son contre-modèle stalinien –hiérarchie rebaptisée ultérieurement verticalisme, la langue de bois ayant plus d'un tour dans son sac, culte des chefs et obéissance para-militaire, pressions et intimidations (le PS actuel semble en avoir gardé des traces), manie du secret et intrigues de couloirs et de palais, etc – fonctionnait beaucoup sur la base d'un recrutement sectaire fonctionnant à l'échec et à la frustration : on clive de façon artificielle un mouvement en cours, ledit mouvement se casse la figure, on récupère quelques frustrés aigris par la tournure par la tournure prise par les événements. Ou encore :  on lance des campagnes-gadgets avec des objectifs improbables, du genre : "Un million de travailleurs devant l'Élysée"*, ça mousse un moment, on recrute un peu et on passe au gadget suivant.**

Ces souvenirs me sont revenus en tête en voyant naguère Mélenchon passer sans transition – c'est-à-dire sans passer par une étape de critique publique du type "bilan et perspectives" – du défunt Front de gauche (coulé par l'éternel boulet stalinien avec ses éternels deux fers au feu et d'emblée condamné par son ambiguïté par rapport au hollandisme, mal cachée par les rodomontades de celui qui se vantait de parler "dru et cru") à la nouvelle perspective de la France insoumise, du peuple souverain et tutti quanti. Les circonlocutions et circonvolutions, depuis le scaphandre (le burkini) jusqu'aux Gaulois n'arrangeant rien. À suivre, peut-être.

* Ceci était bien expliqué dans le livre, introuvable de nos jours "Mai 68: une répétition générale", de Bensaïd et Weber. En ce temps-là, il arrivait à H. Weber de penser.

** Toutes les campagnes ne relevaient pas du gadget, il est difficile d'être mauvais à 100 %; Ainsi est-il arrivé à l'OCI de participer de façon fort active aux campagnes de libération des prisonniers politiques soviétiques traités souvent (Pliouchtch) par la psychiatrie.

Je suis d'accord avec vous et l'article est d'ailleurs en partie centré sur l'opposition entre une nouvelle base (la jeunessse déclassée) et un appareil politique obsolète. A ma connaissance,  JLM n'a pas "encore" réussi à intéresser un nouvel électorat. A la limite, on peut comparer le combat de Corbyn à celui du pape contre la curée, mais JLM, non.

C'est qui jlm ?
C'est qui jlm ?

Bonsoir,

Le plus inquiétant dans ce que vous décrivez, c'est que cela colle aussi pour absolument tous les mouvements sociaux, partis politiques et syndicats en France, cette stratégie du saute-mouton. Il n'y a qu'à voir la vision béate que la plupart des militants ont de la rouste que nous venons d'essuyer sur la loi travail.

Dès qu'on propose une analyse et des solutions sur le long terme, afin d'en débattre démocratiquement, on est écouté poliment, et tout le monde passe au gadget suivant (dans la CGT, les permanents nous expliquent doctement qu'obtenir plus de voix que la CFDT aux élections TPE est le meilleur moyen de lutter contre la mise en œuvre de la loi El Khomri...). C'est encore pire que d'être contredit...

Est-ce que cela tient à l'influence hégémonique des diverses écoles du marxisme-léninisme (les nombreuses chapelles trotskystes et le PCF) dans le mouvement social français? C'est un peu l'interprétation que je fais de votre commentaire, auquel cas je suis d'accord avec vous.

Boudinovitch avait cependant raison dans son commentaire sur deux choses, je trouve:

- un angle mort dans l'analyse proposée par l'article: les liens organiques entre syndicalisme et parti travailliste, qui sont toujours restés souterrains en France (CFDT-PS, CGT-PCF, même si c'étaient des secrets de Polichinelle), à cause du respect de la Charte d'Amiens.

- Et c'est vrai que l'absence de mention de la stratégie mélenchonienne dans un article qui prétend dresser un état des lieux des différentes sociales démocraties européennes est un peu surprenante...

Comme toujours, mon cher Sycophante, vous raisonnez de travers. Ni Mélenchon, ni Sanders, ni Corbyn ne sont "sociaux-démocrates" au sens propre, comme je le démonctre dans mon commentaire. L'émergence des trois (et de pas mal d'autres, à Barcelone, à Madrid, et ailleurs), tel est le phénomène intéressant. En évoquant, pour la France, Nuit Debout, et en omettant la France insoumise, Fabien est aveugle jusqu'au ridicule.

Dans vos dernières lignes, de même, votre logique fonctionne à l'envers. J'observe que le phénomène dont Mélenchon est un signe, est occulté, et vous me demandez de comprendre qu'il est impossible de ne parler QUE de lui... Je suis certain qu'en vous appliquant, vous pouvez mieux faire !

Je comprends que vous vous intéressez à la litterature du pays de ma famille paternelle, et je vous en félicite. La politique n'est pas votre point fort, ce qui justifie mon indulgence.

Quelques précisions, pourtant : a) je ne suis pas "cadre" du PG, à peine adhérent. Je suis militant (et non cadre) de la France Insoumise.

b) le proverbe auquel vous faîtes allusion s'applique à une filiation, ici, il s'agit des mêmes personnes, il est donc incompréhensible.

c) quelqu'un qui connait un peu la Russie et qui connait peut-etre un peu l'histoire de l'URSS pourrait avoir un peu de respect pour le trotskisme, à mon avis. Trotski n'était pas paranoïaque, en particulier lorsqu'il se pensait menacé d'assassinat par Staline. Idem pour de nombreux trotskistes russes, espagnols et même français.

Lambert avait beaucoup de défauts, l'OCI également, le pire étant la stérilité de la démarche.

Mais, pour répondre aussi à Pomme Framboise, oui, les responsables politiques de gauche non communistes sont nombreux à avoir été formé par le trotskisme ; à Mélenchon, Jospin, Cambadélis (ce dernier étant le seul a avoir été un dirigeant), ajoutez Weber, Filoche, Dray et beaucoup d'autres.

En réalité, une fois comptés les maoistes qui se sont massivement ralliés à Giscard et qu'on retrouve chez Sarko, les politiciens ayant une certaine culture viennent en France de l'horizon trotskiste, ou de l'horizon chrétien (Delors, Roccard, Aubry, MN Lindemann, la CFDT).

C'est comme ça. Mais en gros, trente, quarante ans ont passé, la donne n'est plus la même. Pour ce qui me concerne, je n'ai pas honte de mon engagement à l'OCI entre 1966 et 1975 (entre 75 et 82, date de mon départ, c'était de l'acharnement thérapeutique, j'aurais du laisser tomber) mais la situation est profondément différente et mes idées également : en fait, je n'ai plus de principes, je suis ce qui m'inspire et me parait fécond... J'ai confiance en ma capacité à réfléchir just in time...

La politique n'est pas votre point fort, ce qui justifie mon indulgence.

Vous avez bien raison d'être indulgent, on n'est jamais trop prudent. Tiens, je vais vous faire un pari. Dans neuf mois, votre champion aura fait le même score que la dernière fois. Avec une marge d'erreur de, disons 1 % . Pari tenu ?

L'article n'est pas complet, c'est sûr. Il faudrait par exemple avoir une idée du vote (interne au Labour) par tranche d'âge et par activité, etc.

Sur Mélenchon, il se situe lui-même hors social-démocratie, à ma connaissance, il traite directement avec le peuple.

"16% d'intention de vote..."

16% seulement? Mais ça va pas ou quoi? Faudrait voir à vous bouger un peu le cul citoyens français! Mélenchon et son équipe sont la seule alternative crédible aux petits soldats de l'oligarchie qui vous fabriquent une pseudo démocratie. C'est maintenant ou le mur, la violence et le sang. Il sont les seuls a vouloir changer les règles du jeu et avoir un vrai projet de société, ne laissez pas passer cette aubaine. Que risquez-vous? Regardez dans quel état est la France... Suivez l'exemple islandais!

+1

Le socialisme, le vrai, comme vous dites,  n'a-t-il pas disparu avec l'effondrement du certain mur vers 1989, sans parler de celui chinois, difficilement identifiable aujourd'hui ?

 

Comme quoi, pour propager un "mensonge déconcertant", il n'y a pas que les zélateurs. Certains de leurs ennemis proclamés s'entendent avec eux comme larrons en foire.

Il va rénover le travaillisme qui est un e doctrine profondément sociale démocrate, puisqu'il y a osmose totale entre le parti socialiste ouvrier et les syndicats, ce qui n'est pas le cas en France 

Neals Lawson a raison.Il faut un front ėlargi des anciens partis de gauche renovés(ce sera peut être le cas du parti travailĺiste ),de nouveaux partis comme podemos et de la sociėté civile,pour créer une vraie alternative de gauche, face au capitalisme financiarisé et mondialisé,qui mène la planète à sa perte.Cela a déjà été dit par des intellectuels comme Wallerstein,André Gorz ou N.Klein.

Cela a déjà été fait en Uruguay oû le front élargi (frente amplio) dirige le pays depuis plus de 10 ans,avec une politique de gauche et qui a obtenu d'importants succès économiques et sociėtaux.

Manifestement vousn ne connaissez rien de l'Uruguay

Cette lecture de Mediapart sur le renouveau des partis de gauche et de centre-gauche partout en occident est passionnante, avec une analyse qui se tient. Le fait également qu'on se fixe sur la forêt et non sur l'arbre qui la cache.

La démocratie, vue d'ici dans une vision mainstream mais critique des médias installés, paraît partir en vrille. Mais il y a un regard sur les nouvelles générations métissées, nouvelles et ouvertes, qui ne peuvent plus être insiders, bien décidées à se battre pour balayer les structures de l'ordre ancien.  Et Mediapart est partie à leur recherche, et les a trouvés au coeur même de la vieille politique.

BRAVO

La question qui est posée en creux par cet article est celle du devenir du PS français. Nos frondeurs en prendront-ils la tête – en renvoyant dans une opposition blairiste l'actuel premier ministre – après la défaite (ou le renoncement, car la défaite s'annonce cuisante) du sieur Hollande ?

Une question "en creux", en effet, du fait de nos shadoks plus pompeurs que frondeurs ;

et bientôt gogos .

img-2946

Hé oui ! 

En France Mr Laroutourou on se bat depusi le 9 mars avec des manif pleine , mais pas beaucoup de Nouvel Donne ... Dont vous ne fait plus partis. Ou sont les millitatnt nouvelle donne contre la loitravail ? Aucun n'ont plus a Nuit debout, on en est a 7 mois de lutte , et , alors si Pierre pouvaient regarder les Francais au lieu de nous mepriser avec les Belges qui les pauvres, se battent contre la semaine de 45h . 

Excellents liens hypertexte.

  • Nouveau
  • 02/10/2016 16:37
  • Par

Le Labour traverse une crise parce que la Grande Bretagne et son champ politique en traverse une : celle du Brexit. 

L'indépendance n'était pas dans le logiciel des deux grands partis, et maintenant on y est avec pour le Labour, la question du positionnement face au néolibéralisme. 

Ce qui différencie le Labour des autres partis sociaux démocrates est certainement que le peuple britannique a poussé la GB en dehors des traités et en dehors de l'UE. La question ne taraudera donc plus l'organisation. 

Pour autant le débat qui secoue l'ensemble des partis de l'Internationale Socialiste sur la nature de la réforme et du compromis (cf J.Weber lors de son débat avec Besancenot) est poussé par les militants, soit qu'ils votent avec les pieds un peu partout, soit que ceux qui restent désobéissent et interpellent leurs directions : c'est le cas en France avec les frondeurs, mais aussi en Espagne, où Sanchez vient de démissionner. Il est probable qu'en Allemagne, au vue des dernières élections locales, on commence aussi à remettre en question la ligne Gabriel, ou Schulz... C'est en vérité l'ensemble de l'Internationale, qui est en passe d'être traversée par le débat en question. 

Pour autant si Corbyn a apporté une réflexion sur les rapports sociaux, sur un positionnement sur la société de marché et le néolibéralisme... il reste pour l'instant dans une démarche interne au parti : il s'agit d'abord de sauver les meubles et non de s'adresser directement aux britanniques et aux classes populaires. 

Le débat du Labour souligne l'implosion à prévoir de la Sociale démocratie européenne, mais aussi en Amérique Latine où elle a délibérément tourné le dos aux nouvelles gauches. Elle s'est même rangée du côté des droites libérales. 

L'autre débat qui secoue les partis, qui découle de la question du positionnement quant au néolibéralisme et la toute puissance du marché, la remise en question de "la non critique de la globalisation", c'est le positionnement à l'autre gauche, celle qui a pointé son nez depuis 10 ans maintenant, avec les Linke, le PG, Tsipras aussi, et sa version 2.0 de Podemos notamment... avec ses variantes, adaptées, dont le Sean Fein, ou encore le Bloco ..sans parler des mouvements verts du Nord, qui ont rejoint le GUE. 

Quel positionnement adopté à la gauche qui critique radicalement le système, la globalisation, le renoncement à l'écologie réelle et globale, le renoncement également à l'égalité, la régression sociale, sans parler des liens à l'OTAN. 

La sociale démocratie anglaise n'échappera pas à ce débat soigneusement évité par Corbyn, à l'occasion de sa réélection, ou par la "successeuse" de Sanchez... 

Ce débat interne à la sociale démocratie, devra être tranché... Renoncera t'elle à ce qu'avaient apporté à ce que des gens comme SEN avaient apporté en termes de contribution ? 

Il semble qu'au niveau européen, le débat soit pour le moment étouffé par les directions sociales démocrates, depuis les partis nationaux jusqu'à celle de l'Internationale tenue en réalité par les Allemands. Le débat porte aujourd'hui surtout sur l'évolution en machine à élections, excluant les peuples de leurs logiciels.... plutôt qu'à prendre en compte les frondes, les colères, de ceux qui ont gardé de la sociale démocratie une idée émancipatrice quitte à se couper également des intellectuels comme ce fut le cas pour le PC dans les années 70. 

On peut poser la question autrement en se demandant combien de temps la Sociale Démocratie adhèrera à la thèse de Blair, de Gabriel, de Schulz selon laquelle la globalisation est incontournable, que l'UE est la seule alternative, la solution alors qu'elle évolue peu à peu vers un divorce avec les Peuples et la démocratie, au nom des traités ? 

Un exemple de cette cassure à venir, et ce n'est pas un hasard si je le cite ici, puisqu'il est à la fois français, et qu'il fait référence souvent à la Grande Bretagne, et que son analyse, est une mine pour la réflexion sur nos "souverainetés bradées" : Emmanuel Todd. Combien de Todd déclareront dans les mois qui viennent ici, comme de l'autre côté de la Manche ou en Espagne, qu'il ne voteront plus jamais PS ou Labour ou PSOE ?

 

  • Nouveau
  • 02/10/2016 16:59
  • Par

Très intéressant article qui montre à quel point l'élection/réélection de Corbyn est plus porteuse de malentendus que de lendemain qui chantent. D'abord parce que les corbynistas font comme tous les gauchistes depuis qu'ils existent: ils considèrent que l'essentiel est dans les bagarres pour contrôler l'appareil, et pas dans l'élaboration d' un programme suceptible d'entraîner une majorité dans les urnes; c'est évidemment logique, puisque la plus grande partie de ces partisans pensent que l'essentiel est d'être d'accord entre soi - peu importe ce que pensent les autres, et que l'autre partie, celle qui est agissante comme on dit, se moque des élections et considère que le pouvoir se prend par la force ( élections, piège à cons...). Dans le système électoral britannique, les chances de Corbyn sont ( pour le moment- est-ce que ça peut changer?) à peu près égales à zéro, et c'est pourquoi la plupart des députés actuels lui sont opposés. Outre que le Labour a historiquement été créé comme un parti d'action parlementaire, et que sa culture, jusquà maintenant et au-delà des conflits entre la gauche et la droite, a toujours été celle d'un parti qui agit pour des évolutions sociales progressives par le Parlement et non par la révolution ( pas même l'intervention ) de la rue. Or c'est finalement cette culture et cette histoire que les partisans les plus résolus de Corbyn ( Momentum ou Stop the war, par exemple), sinon Corbyn lui-même, veulent liquider.

Dernières remarques de détail: il aurait été intéressant de signaler, en rappelant le rôle de Tony Benn, que son fils, Hillary, est l'un des plus clairs opposants à Corbyn. Et que Lawson ( ex-conseiller de Brown) est, lui, loin d'être un chaud partisan de Corbyn.

Rien n'est simple. Et évidemment pas cette vérité incontournable: la social-démocratie, ou ce qui peut efficacement la remplacer, reste totalement à (re)construire.

Oui, rien n'est simple avec le Labour et Corbyn un des rares qui aient voté contre la participation de son pays à la guerre d'Irak.

Oui, il y a un vrai débat sur le pouvoir et la démocratie, et peut-être "la démocratie de rue" qui s'est exprimée en Grande-Bretagne depuis très longtemps et parfois avec violence lorsque la "gouvernance" faisait preuve d'intransigeance et de déraison : les suffragettes, les marches de la faim et du chômage des années 30 et M. Thatcher.

Vous citez le mouvement "Momentum" avec justesse, je crois,car certains participants à ce mouvement sont de fervents adeptes d'une opposition forte et d'un contre-gouvernement.Ils pensent et disent à qui veut les entendre, que le pouvoir corrompt, érode et détruit le lien entre les classes. Ce n'est pas un hasard si Jeremy Corbyn,  Dennis Skinner, Tony Benn avant eux, ont gagné en popularité en mettant en avant l'exemplarité et la probité de l'homme politique.

Ce sont aussi des Républicains qui refusent les simagrées imposées par la Royauté.

Ces hommes ont été, et sont encore, de féroces opposants à Anthony Blair. Il faut aussi citer Robin Cook, ministre de Blair, qui reçut un accueil triomphant aux Communes lorsqu'il démissionna en 2003, déclarant que la guerre en Irak était absurde, qu'il ne prendrait jamais la responsabilité d'envoyer des soldats en Irak sans mandat du peuple, sans l'assentiment des nations. Son analyse fine de la situation était qu'Al Qaïda avait été armé par la CIA et que, par conséquent, toute invasion de l'Irak était contraire à la logique et à l'Ethique.

Tout cela pour dire que les hommes politiques du Parti Travailliste Britannique sont  essentiellement différents de nos socialistes à nous trop versés dans l'intellectualisme, la posture, le capitalisme . Trop loin des gens ordinaires, trop près des Clans et des Cercles. Un Hollande, un Valls, un Hamon sont plus proches de Tony Blair ou de ... D. Cameron.

La vie de Dennis Skinner  est un exemple de cette "identité" travailliste : il n'hésita pas à descendre dans la mine comme son père, écartant ainsi l'offre d'une vie d'étudiant boursier. Il fut mineur au début de son mandat de député et devint célèbre par son assiduité,  son ire lors du scandale des dépenses des députés. Il représente les valeurs des travaillistes d'origine qui ont rendu pérenne la pensée socialiste et syndicaliste du Royaume-Uni.

Le socialisme ne doit pas forcément ÊTRE le pouvoir mais une réflexion suivie d'une méthode pour obtenir de la gouvernance des réformes justes. Les réprésentants du "peuple" sont au service de tout un chacun. Ainsi un petit prof d'anglais français inconnu pouvait demander à T. Benn de sponsoriser un groupe d'étudiants à la Chambre des Communes, il répondait immédiatement et téléphonait à l'intéressé en personne. C'est un exemple simpliste peut-être mais étonnant pour les Français qui n'ont pas cette écoute de leurs députés et ministres.

Cordialement.

 

« Nuit qui me délivre des raisons, des salons des sophismes, des pirouettes des prétextes, des haines calculées, des carnages humanisés. Nuit qui fond toutes mes contradictions, toutes contradictions dans l'unité première de ta négritude » Quand la musique se fait langage: https://youtu.be/gY3qcM02UiE

Les premiers mots de Corbyn quand il a été reelu on été pour "tendre la main " à la droite du Labour.

Il ne faut pas repenser la social-democratie: il faut l'ensevelir parce qu'elle es bien morte.

En effet, l'article n'évoque quasiment pas les questions programmatiques. Il n'y a guère qu'à la fin que l'auteur y consent, sous l'expression « démocratiser tous les espaces de vie collective, sans se contenter de la seule voie électorale », c'est-à-dire un charabia militant qui sonne creux.

1/ Pour ce qui est de la primaire, le cas de Bernie Sanders illustre au contraire pourquoi c'est une très mauvaise idée : le voilà qui se range derrière Clinton, ce qui n'a aucun sens, parce que c'est la règle du jeu. Si la gauche française ne veut pas prendre le risque de devoir soutenir Hollande, elle n'a rien à faire à une primaire, encore moins organisée par la rue de Solférino. On n'a pas un système verrouillé à deux partis comme les pays anglo-saxons, donc on peut y échapper, faut en profiter. En outre, de fait, c'est bien une élection de personne, on peut bien sûr y défendre des idées, mais ce sont alors les idées qui servent à défendre une personne et non le contraire... Corbyn a eu de la chance, tant mieux pour lui, mais cela ne réhabilite nullement l'idée de primaire.

2/ Que les rapports de force internes dans un parti de la IIème Internationale redeviennent favorables à la gauche, tant mieux, mais ça n'empêche pas la sociale-démocratie (au sens où vous l'entendez) d'être morte programmatiquement : ce qui permettait de faire des réformes au service des travailleurs sans remettre en cause le capitalisme, c'était la présence de l'Union Soviétique qui tenait les capitalistes en respect ainsi que d'un milieu ouvrier fortement concentré et organisé, doué d'une forte conscience de classe, qui portait notamment les partis de la IIIème Internationale ; depuis, il n'y a plus d'Union Soviétique et les transformations économiques ont fait voler en éclats l'industrie telle qu'on la connaissait, si bien que cette double menace n'existe plus et que les capitalistes n'ont plus aucun intérêt à laisser faire de telles réformes. La seule option pour une politique de gauche sérieuse aujourd'hui, c'est, en cas d'arrivée au pouvoir, de supprimer la liberté de circulation des capitaux et de nationaliser les principaux secteurs de l'économie pour en reprendre le contrôle. Or, Corbyn n'est pas prêt à le faire, pas plus d'ailleurs que Pablo Iglesias en Espagne.

3/ L'étude des partis politiques du point de vue de leur organisation interne comme le fait Panebianco est très intéressante, mais on peut lui faire le reproche que faisait Georges Lavau aux théories de Maurice Duverger, celui d'expliquer le politique par lui-même. Il faut se demander pourquoi exactement le parti a changé de coalition dominante, pourquoi le discours blairiste n'a pas su se faire entendre alors qu'il l'avait fait auparavant. Cela a des bases matérielles : dans les années 90, avec la chute de l'Union Soviétique (toujours elle), les marchés et la main d'œuvre d'Europe orientale s'ouvrent aux capitalistes d'Europe occidentale qui se jettent dessus comme des loups affamés ; dès lors, ça dopait les échanges et la croissance à l'ouest, si bien que Blair, Jospin et Shröder n'ont pas ressenti le besoin de combattre un néolibéralisme qui donnait de bons résultats économiques, au contraire... Sauf que c'est fini avec la crise actuelle qui a compresse drastiquement la demande, paralysant l'offre donc l'emploi, révélant au grand jour l'imposture néolibérale. C'est pour ça que le discours blairiste n'est plus crédible, c'est pour ça qu'est arrivé Corbyn. Par contre, le PS français s'avère incapable d'une telle adaptation, étant particulièrement verrouillé, d'où sa fuite en avant vers la droite.

Du JLM bashing ordinaire dans les commentaires.

L'article lui même assez prétentieux et délayé

Après avoir tout lu patiemment (quoi que ...) : la quasi totalité des commentaires font référence au passé, mais arrêtez de citer sans arrêt les différents courants qui ne correspondent plus à rien de notre quotidien, tout ceci est brassé et rebrassé : IL VA FALOIR INVENTER !!! Trouvons quelqu'un qui ai réellement envie de se consacré à la chose publique pour le bien public, cherchons autour de nous, essayons de construire une chose politique nouvelle qui donne envie de se battre pour une égalité qui ne soit pas de pacotille. Pour ce qui est du financement, il n'y a pas de souci à se faire le monde, y compris la France, n'a jamais été aussi riche. Je voudrais rassurer la classe moyenne : battez vous, vous êtes aussi du côté des plus pauvres, la vraie grosse richesse se situe au dessus de nous tous. Arrêtons de dire "oui" ou "non"et commençons à "pourquoi accepter ?" - un parti socialiste minable - un populisme honteux - d'être une gauche sincère résignée à n'avoir personne pour qui voter aux prochaines élections. Merci d'avoir lu ce petit texte qui en appèlera d'autre, merci à Mediapart qui permet de s'exprimer sur des sujets aussi fondamentaux, avec autant de passion pour la chose publique : la chose qui nous concerne tous : la politique.
Merci de votre réponse, je défend la naïveté face à la violence car cette dernière n'entraîne que la violence. La première laisse de la place à l'imagination. Car il va en falloir, Marx et les autres n'étaient pas tournés vers le passé, ils s'appuyaient dessus, ils ne cherchaient pas à refaire les autres tentatives de démocratie, ils et elles voulaient que leur présent et celui de leurs concitoyens changent. Il me semble indispensable de garder le regard loin pour voir le plus tôt possible la terre ferme sur laquelle pourra se construire une nouvelle politique, éviter de dramatiser le présent et de croire que le monde va s'arrêter à la fin de la semaine ou le jour un(e) populiste arrivera au pouvoir, ce qui changera ce sera notre confort mais la vie ne s'est pas arrêtée avec la prise de pouvoir d'un Hitler ou d'un Pinochet, ni même d'un Trump ou d'un(e) Le Pen ... Ne jamais oublier qu'à la fin c'est toujours la paix qui gagne. Fort de cette certitude, ne laissons pas la place à la peur et gardons en mémoire cette phrase écrite au fond de cette deuxième guerre mondiale : liberté j'écris ton nom ... Résistons tant que l'on peut à cette vague mais gardons aussi de la force pour saper l'adversaire quand il se croira le plus fort. Sans cette naïveté qui à l'heure actuelle semble si déplacée, même le plus fort se sentira découragé face à son tortionnaire, cette naïveté est l'arme la plus efficace car elle laisse la place au rêve. Face à la dictature actuelle de la pensée libérale en économie ce n'est pas le marxisme qui gagne, il a perdu même, ce n'est pas le socialisme non plus car il s'est fait bouffer par le confort, la seule arme qui nous reste c'est la résistance au sirènes des marchés, c'est un anarchisme débonnaire qui sans grands soirs ni gueule de bois nous permet de nous lever chaque matin plein de force et avec une envie de vivre qui les rend fou car quand on est heureux on a besoin de rien ou presque et on n'a aucune envie de leur obéir : je ne suis pas uniquement un consommateur et je n'ai pas besoin de votre merde. A bientôt

Admettons : vous voulez bien m'expliquer comment vous comptez combattre la "dictature actuelle" sans socialisation des moyens de production, ne serait-ce que partielle ? Parce que je ne vois pas.

Quant à Marx, ne pas être tourné vers le passé ne l'empêchait pas de le connaître et de le revendiquer : il ne s'est pas caché de s'inspirer des socialistes qui l'avaient précédé, ainsi que de figures plus anciennes comme Gracchus Babeuf, Thomas More ou Thomas Müntzer. Eh bien nous, c'est pareil : évidemment, nous ne sommes plus à l'époque de Marx et il faut réactualiser des choses, Frédéric Lordon ou Jacques Généreux font ça très bien, mais ce n'est pas une raison pour oublier sa pensée qui vise à répon dre au système dans lequel nous nous trouvons encore.

Il n'est pas question d'oublier l'histoire, il n'est pas question d'oublier ceux qui sont morts pour nous. Inventons un monde pour nos enfants. Je viens de lire les commentaires à propos de Montebourg aux primaires : quelle déprime ! Où voulez vous en venir avec la "socialisation des moyens de production ", la socialisation des banques, encore, je comprendrais. Tous les tôliers ne sont pas des esclavagistes, j'en connais plein qui défendent les employés avec qui ils bossent, il serait intéressant de voir et de mesurer qu'un patron sans employé est un auto-entrepreneur, un patron a besoin des gens qui bossent avec lui. Ce n'est qu'une partie de salauds qui ne pensent qu'à leur gueule. Après on peut se demander par qui seraient les nouveaux dirigeants, il y en aura forcément, on a déjà vu ce genre de situation et elles n'étaient pas vraiment probantes. Des SCOOP serait une bonne formule mais pas forcément adaptée à tous les cas. Continuons de chercher si on veut trouver une solution. Une phrase m'est venu ce matin : un fruit ne murit qu'une fois ...

Ce n'est pas que des banques, qu'il s'agit.

La totalité de l'économie capitaliste fonctionne de la même façon : avec des personnes qui possèdent les moyens de production et qui attendent donc un retour sur investissement ; pour cela, elles ont donc besoin d'employer le moins de gens possibles et le plus longtemps possibles parce que c'est moins cher, elles ont besoin de payer ces gens le moins possible pour ne pas diminuer leur retour sur investissement, et elles ont besoin de conditions de production les moins chères possibles au risque que celles-ci soient nuisibles aux consommateurs, aux travailleurs ou à l'environnement. Dans la totalité de l'économie capitaliste, aussi, ces personnes s'accaparent une partie de ce que les travailleurs ont produit avec leur travail, non pas parce qu'elles ont elles-même travaillé, mais parce qu'elles sont propriétaires des moyens de production.

Le capitalisme est donc par nature de l'exploitation ; mais, en plus de cela, ce n'est même pas un système viable. Depuis qu'il existe, il sombre régulièrement dans des crises. Ceci parce qu'il souffre d'une contradiction entre offre et demande : l'intérêt du capitaliste est de payer le moins possible le travailleur, parce que c'est ce qui lui permet de capter la plus grande partie de la valeur ajoutée ; mais, dans le même temps, s'il ne paie pas assez le travailleur et que les autres capitalistes font de même, il n'y a plus personne pour acheter sa production, et il fait faillite. D'où des cycles de cirses de plus en plus grave : ça a déjà détruit le capitalisme une fois, en 1929, et cet effondrement a mené droit à la seconde guerre mondiale. Après cette guerre, même les pays occidentaux ont mis en  place une économi mixte, comprenant qu'une économie dominée par les capitalistes n'était plus possible, ne serait-ce qu'à cause de la menace soviétique. Puis, lorsque cette menace s'est effondrée sous le poids de sa bureaucratie, dans les années 80/90, le capitalisme a été progressivement rétabli dans son intégralité à l'ouest et rétabli tout court à l'est : c'est pourquoi, dès cette époque, les crises ont repris, de plus en plus graves, jusqu'à la crise actuelle.

Alors, cette fois, est-ce qu'on va encore attendre que cette crise nous plonge dans un nouveau cataclysme, ou est-ce qu'on va enfin se décider à socialiser les moyens de production pour de bon ? Pourquoi l'économie devrait-elle rester dirigée par des personnes qui n'ont jamais été choisies démocratiquement ? Pourquoi ces personnes devraient-elles continuer à s'accaparer ce que produisent les travailleurs ?

Quant aux SCOOP, elles ne peuvent pas survivre comme des îlots isolés au milieu du capitalisme : ellesn sont obligées de s'aligner sur le fonctionnement d'exploitation qu'est celui des autres entreprises, sans quoi elles sont écrasées par la concurrence.

Pourquoi minimisé le rôle décisif des banques ? Bien sûr qu'elle tiennent tout le monde par les couilles, ce sont elles qui organisent le capitalisme autour d'elles, elles sont au cœur de la spéculation elles sont les responsables des crises successives, les moyens de production font souvent parti des victimes et les employés avec. Ce sont les "investisseurs" qui sont responsables du désastre actuel, l'idée même du progrès est un de leur produit. Le progrès n'a apporté que de petites choses pas nécessaires et beaucoup de soucis à nous tous qui y a vont cru. Heureusement, avec la crise le libéralisme est en train de se prendre une grande baffe dans la gueule et des économistes jusque là inaudible peuvent enfin se faire entendre. Restons vigilant mais les choses bougent.
  • Nouveau
  • 03/10/2016 18:51
  • Par

Est ce enfoncer une porte ouverte que de constater que les partis socialistes français, allemand, britannique, espagnol, portugais, grec...etc, etc, sont ou étaient devenus des partis dirigés de fait par des notables liés, comme ceux de droite, à l'oligarchie financière dominante un peu partout dans le monde. Tout ce qui les différencie de la droite classique et qui se revendique comme telle, c'est qu'à un moment, préélectoral, ce sont leur promesses de gauche qui trompent le chaland (dont hélas je suis!). Une fois l'élection passée c'est bonnet blanc, blanc bonnet. Et on s'étonne que MLP ramasse la mise.

La dedans, Corbyn, comme DIE LINKE en Allemagne et les mouvements PODEMOS et Syriza nous donnent quand un brin d'espoir et semblent ouvrir un chemin à suivre à gauche. Même s'ils tâtonnent, au moins ils tentent de crever le plafond de verre que la finance leur impose.

 

Je suis tout à fait d'accord, on va trouver notre voie et retrouver notre voix. Le monde a beaucoup changé ces dix dernières années, le partage devient une constituante incontournable et va nous permettre d'inventer de nouvelles façons d'être face à la chose publique, on sera moins obligé de subir ces mensonges de campagne électorale. Reste pas mal de choses à faire mais on y arrivera !!!
Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale

Fabien Escalona, doctorant et enseignant à Sciences-Po Grenoble, collaborateur scientifique au Cevipol (Université libre de Bruxelles) et spécialiste de la social-démocratie en Europe, collabore régulièrement pour Mediapart.