Deuxième candidat de centre-droit pour la Commission européenne

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L'ancien Premier ministre finlandais de centre-droit, Alexander Stubb, a annoncé mardi à Strasbourg sa volonté de succéder à Jean-Claude Juncker comme président de la Commission européenne.
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STRASBOURG (Reuters) - L'ancien Premier ministre finlandais de centre-droit, Alexander Stubb, a annoncé mardi à Strasbourg sa volonté de succéder à Jean-Claude Juncker comme président de la Commission européenne.

Il devient ainsi le second candidat déclaré à ce poste au sein du Parti Populaire européen (PPE), l'Allemand Manfred Weber, président du PPE au Parlement européen ayant le premier, début septembre, revendiqué le statut de "Spitzenkandidat" aux élections européennes de mai 2018.

Ce terme allemand désigne le candidat choisi par le groupe pour postuler à la présidence de la Commission en cas de victoire.

"Je suis plus de centre gauche, Manfred est plus de centre droit", a estimé Alexander Stubb lors d'une conférence de presse au Parlement européen au cours de laquelle il s'est exprimé en anglais, allemand, français et – un peu – en finnois.

Actuel vice-président et membre du directoire de la Banque européenne d'investissement, le tout juste quinquagénaire au physique de marathonien a expliqué avoir pris cinq semaines de congé pour mener sa campagne.

Ancien député européen puis ministre des Affaires étrangères, des Affaires européennes, Premier ministre et enfin ministre des Finances dans son pays, Alexander Stubb veut défendre une Europe des "valeurs" et s'attaquer "de front au populisme, avec pragmatisme".

"Il faut écouter ce que ces gens ont à nous dire, la peur des migrations, de la révolution numérique, de l'évolution du monde du travail, et répondre à ces peurs", a-t-il dit.

Dans une lettre adressée aux membres de son groupe, le Finlandais prône un rapprochement entre européens. "Il est temps de nous mobiliser pour une Europe plus forte. Cela veut dire atténuer les divisions inutiles entre l'Est et l'Ouest, le Nord et le Sud", y affirme-t-il.

Il n'a cependant pas exclu une rupture avec le Fidesz, le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban toujours membre du PPE, accusé de dérives antidémocratiques par la Commission européenne, "si on ne trouve pas un accord sur les valeurs".

Face à Manfred Weber, candidat de 46 ans issu du pays européen le plus peuplé et le plus puissant économiquement mais dépourvu d'expérience gouvernementale, Alexander Stubb estime ne pas être dépourvu d'atouts.

"Il peut être plus simple pour beaucoup de pays de voter pour le candidat d'un petit pays", a-t-il souligné.

Le PPE, qui resterait selon les derniers sondages le groupe le plus important à Strasbourg, départagera ses candidats lors d'un congrès à Helsinki, capitale de la Finlande, les 7 et 8 novembre 2018.

Pas sûr pour autant que le vainqueur accède à la présidence de la Commission, certains chefs d'Etats et de gouvernement, dont Emmanuel Macron en France, refusant que le choix du candidat leur soit dicté par le Parlement. Celui-ci dispose toutefois d'un argument de poids pour imposer ses vues, son droit de véto sur la composition du collège des commissaires.

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