En Thaïlande, l’impossible réforme de la monarchie mène à la violence

Tous les jours depuis mi-octobre, des manifestations pour le changement constitutionnel et le rôle de la monarchie secouent le pays. Alors que la contestation s’étend, le gouvernement thaïlandais poursuit sa campagne d’arrestation des figures du mouvement des Gens libres et soutient des factions nationalistes et ultra-royalistes.

Fred Kientz

2 novembre 2020 à 09h03

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Bangkok (Thaïlande). – « Nous n’avons nulle part où fuir et n’avons plus rien à perdre. Nous sommes acculés comme des chiens au coin et nous nous battrons jusqu’à la mort pour la victoire, c’est-à-dire la démocratie. » Debout dans le coffre d’un pick-up garé au milieu du grand carrefour de Pathum Wan, Panupong Jadnok – surnommé « Mike Rayong » – s’adresse à des dizaines de milliers de personnes venues écouter ce 16 octobre un des seuls leaders du mouvement des Gens libres encore en liberté : « Si nous nous retirons aujourd’hui, nous resterons des esclaves. Je serai le dernier à quitter cet endroit. Voyons qui est le plus puissant, le peuple ou le roi. Si je suis arrêté, continuez l’idéologie pour moi ! Et si notre manifestation est dispersée… nous aurons peut-être besoin d’une révolution. »

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