Theresa May s'efforce de rassembler son camp sur le Brexit

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Theresa May a invité samedi les députés britanniques à voter en faveur de la loi d'abrogation sur le Brexit qui sera discutée cette semaine au Parlement, sous peine d'exposer le Royaume-Uni à une chute brutale lors du divorce d'avec l'Union européenne en mars 2019.

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LONDRES (Reuters) - Theresa May a invité samedi les députés britanniques à voter en faveur de la loi d'abrogation sur le Brexit qui sera discutée cette semaine au Parlement, sous peine d'exposer le Royaume-Uni à une chute brutale lors du divorce d'avec l'Union européenne en mars 2019.

Les élus des Communes tiendront jeudi leur premier débat en séance plénière sur le "Great Repeal Bill", qui doit supprimer l'European Communities Act de 1972 et donner au Parlement et à l'exécutif le pouvoir de changer les lois existantes.

Mais la Première ministre britannique, qui a perdu sa majorité absolue au Parlement lors des élections législatives anticipées du 7 juin dernier, redoute que des députés pro-européens du camp conservateur qu'elle dirige ne soient tentés de s'allier à d'autres formations comme les travaillistes pour réduire la portée du texte ou adopter des amendements.

Le Parti travailliste compte apporter plusieurs changements à ce texte de loi afin de maintenir le Royaume-Uni dans le marché unique et l'union douanière pendant une période transitoire, selon le Times.

"Le Repeal Bill (...) est l'étape la plus importante que nous pouvons prendre pour empêcher les citoyens et les entreprises de 'tomber de la falaise', car il transfère les lois et assure une continuité légale", a insisté Theresa May samedi, des propos relayés par ses services.

"Nous (...) saluons les contributions des élus de toute la Chambre. Mais (...) cette contribution doit s'adapter à notre objectif commun: aider la Grande-Bretagne à faire du Brexit un succès", a-t-elle ajouté.

Ces déclarations de Theresa May interviennent alors que la presse dominicale britannique se fait l'écho d'une contestation croissante de son leadership au sein des conservateurs.

La Première ministre s'est efforcée de clore la question cette semaine en déclarant, lors d'une visite au Japon, qu'elle comptait rester aux manettes jusqu'aux prochaines élections prévues en 2022, une façon pour elle de faire taire les rumeurs sur son éventuelle démission à l'issue du Brexit.

Mais le Sunday Times rapporte que cette annonce a incité "deux ou trois" élus conservateurs de plus à signer une lettre réclamant son départ, portant le total à 25 environ. Quarante-huit voix d'élus au moins sont nécessaires pour réclamer officiellement un changement de direction au Parti conservateur.

Theresa May, écrit l'Observer, agace les élus pro-européens en suggérant que tout assouplissement des conditions du Brexit équivaudrait à soutenir le Labour.

Quant au Sunday Times, il affirme que la Première ministre est prête à payer jusqu'à 50 milliards de livres (près de 55 milliards d'euros) pour régler la facture du Brexit, ce qui ne devrait pas manquer de lui mettre à dos les eurosceptiques. Une porte-parole du 10, Downing Street a catégoriquement démenti l'information.

 

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