Climat: le business du doute

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A l'origine du climato-scepticisme, on trouve l'industrie du tabac, des physiciens de la guerre froide obsédés par la menace soviétique, des lobbies anti-science et des fondations américaines ultralibérales. C'est ce qu'ont découvert, après cinq ans d'enquête, deux historiens des sciences, Erik Conway et Naomi Oreskes. Leur livre, Marchands de doute, offre une plongée fascinante dans les milieux du pouvoir américains. Entretien.

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Il existe plusieurs façons de comprendre et d'analyser le courant de pensée qui remet en cause le changement climatique et son origine anthropique. On peut y voir l'effet du productivisme et du consumérisme, aveugles aux conséquences de la croissance économique sur la nature. On peut y voir une forme de populisme égoïste. Ce sont les interprétations les plus courantes. Elles font du climato-scepticisme un problème circonscrit à l'écologie: la remise en cause de la croyance que les actions humaines menacent la nature.