Des ONG tirent la sonnette d'alarme sur les internements au Xinjiang

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Des ONG de défense des droits de l'homme ont appelé lundi les pays d'Europe et les pays musulmans à faire en sorte que l'Onu crée une commission d'enquête sur l'internement et "l'endoctrinement forcé" de centaines de milliers d'Ouïghours par les autorités de la région autonome chinoise du Xinjiang.
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GENEVE (Reuters) - Des ONG de défense des droits de l'homme ont appelé lundi les pays d'Europe et les pays musulmans à faire en sorte que l'Onu crée une commission d'enquête sur l'internement et "l'endoctrinement forcé" de centaines de milliers d'Ouïghours par les autorités de la région autonome chinoise du Xinjiang.

La Chine, dont l'ample programme de "déradicalisation" des musulmans au Xinjiang inquiète de plus en plus la communauté internationale, a assuré en janvier qu'elle accueillerait des responsables de l'Onu s'ils évitaient de "s'immiscer dans les affaires intérieures" du pays.

Plusieurs ONG, comme Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International, ont demandé lundi au Conseil des droits de l'homme de l'Onu, dont la session annuelle s'ouvrira le 25 février à Genève, d'envoyer une mission exploratoire internationale au Xinjiang.

"Les exactions au Xinjiang sont si graves actuellement qu'elles appellent une réaction de la communauté internationale", a déclaré à Genève le directeur exécutif de HRW, Kenneth Roth.

"L'objectif de ces internements est d'annihiler l'identité ethnique et religieuse des musulmans turcophones et de garantir leur fidélité exclusivement aux autorités chinoises, au Parti communiste et au président(...) Xi Jinping", a-t-il ajouté.

En janvier, Pékin avait organisé pour la presse étrangère, dont Reuters, une visite dans trois camps au Xinjiang, présentés comme des centres de formation à vocation éducative.

Dans ces centres, des Ouïghours turcophones suivaient en mandarin des cours sur le danger des idées islamistes.

Selon les défenseurs des droits de l'homme, un million d'Ouïghours et de membres d'autres minorités musulmanes, comme les Kazakhs - soit près de 10% de la population totale du Xinjiang - sont internés dans ces camps, privés de tout droit juridique fondamental et soumis à de mauvais traitements.

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