Donald Trump est assuré d'être le candidat des républicains

Donald Trump a remporté mardi soir la primaire de l'Indiana, poussant son plus proche rival, le sénateur du Texas Ted Cruz, à jeter l'éponge et scellant quasiment sa victoire dans la course à l'investiture républicaine. Côté démocrate, Bernie Sanders s'est imposé face à Hillary Clinton.

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Donald Trump a nettement remporté mardi soir la primaire de l'Indiana, poussant son plus proche rival, le sénateur du Texas Ted Cruz, à jeter l'éponge et scellant quasiment sa victoire dans la course à l'investiture républicaine. Avec cette nouvelle victoire, plus rien ne semble pouvoir s'opposer à ce que le milliardaire new-yorkais porte les couleurs du Grand Old Party lors de l'élection présidentielle du 8 novembre aux États-Unis. Une perspective à laquelle la classe politique et les commentateurs ne prêtaient aucun crédit lorsqu'il s'est lancé dans la course, en juin dernier.

Cruz espérait rebondir dans l'Indiana après la douche froide de la semaine dernière, quand Trump s'était imposé dans les cinq États du Nord-Est qui étaient appelés à désigner leurs délégués en vue de la convention de Cleveland cet été. Mais les résultats sont sans appel : avec plus de 53 % des voix après dépouillement dans la quasi-totalité des districts électoraux, Trump relègue le sénateur ultraconservateur du Texas à plus de 16 points derrière lui.

Dans la primaire démocrate, alors que les premiers résultats très partiels donnaient l'ex-secrétaire d'État et ex-sénatrice de New York en tête, la tendance s'est renversée et son rival Bernie Sanders est donné vainqueur avec près de 53 % des voix. Avec cette victoire annoncée, le sénateur du Vermont continue de résister à Hillary Clinton, qui reste néanmoins en tête en vue de la convention de Philadelphie.

Mais l'Indiana, trois mois après le début de la saison des primaires, restera surtout comme l'État de la défaite de trop pour Ted Cruz, sa septième d'affilée. Face à ses partisans, entouré de son épouse, de sa mère et de sa colistière, Carla Fiorina, le sénateur du Texas a déclaré qu'il ne voyait plus de « voie viable vers la victoire ».

« Nous avons donné tout ce que nous avions. Mais les électeurs ont choisi une autre voie et c'est donc avec le cœur lourd mais un optimisme sans limite pour l'avenir à long terme de notre nation que nous suspendons notre campagne », a-t-il dit.

Âgé de 45 ans, ce fils d'un émigré cubain s'était lancé le premier dans la campagne, dès le mois de mars 2015, et avait remporté le 1er février les caucus de l'Iowa, coup d'envoi du marathon électoral. Mais cette figure de la droite ultraconservatrice, qui a bataillé au Congrès contre l'administration Barack Obama, se refusant à tout compromis bipartisan au risque assumé de bloquer les agences fédérales, n'a pas été en mesure de stopper la déferlante Donald Trump. Cruz a cependant pris date pour l'avenir. « Je ne suspends pas notre combat pour la liberté », a-t-il pris le soin de préciser.

Avec son retrait, la voie semble désormais dégagée pour le milliardaire new-yorkais qui a su déjouer le rejet qu'il inspire auprès des élites du parti républicain.

« Si nous remportons l'Indiana, ce sera terminé », avait-il prédit lors d'un meeting électoral organisé lundi à Terre Haute. Mardi soir, lors d'un discours prononcé depuis sa “Trump Tower” de Manhattan, il a célébré une « victoire extraordinaire » et rendu hommage à Cruz, un « adversaire coriace » qui, a-t-il dit, « a un grand avenir » devant lui.

Il a également lancé un appel à l'unité du parti en vue du scrutin de novembre. « Nous allons chasser Hillary Clinton, a-t-il dit. Elle ne sera pas une grande présidente, elle ne sera pas une bonne présidente, elle sera une mauvaise présidente. Elle ne comprend pas le commerce. »

Le président du Comité national républicain, Reince Priebus, a pareillement estimé que Trump devait désormais être considéré comme le candidat présumé du parti pour la présidentielle. « Nous devons tous nous unir et nous focaliser pour battre Hillary Clinton », a-t-il ajouté sur Twitter. Avant l'Indiana, où 57 délégués étaient en jeu, le dernier décompte de l'agence Associated Press créditait Trump de 996 délégués contre 565 pour Cruz. La convention républicaine de Cleveland réunira 2 472 délégués, il en faudra 1 237 pour s'assurer l'investiture.

Avec 153 délégués, le troisième homme de la primaire républicaine, John Kasich, n'a aucune chance d'obtenir la majorité des délégués de Cleveland. Mais le gouverneur de l'Ohio table sur une convention “ouverte” ou “négociée”, où aucun candidat n'aurait la majorité requise parmi les délégués. Les jeux seraient alors ouverts.

« Les résultats de ce soir ne vont pas modifier les plans de campagne du gouverneur Kasich. Notre stratégie était et continue d'être une stratégie impliquant de remporter l'investiture via une convention ouverte », a rappelé John Weaver, son conseiller électoral, dans une note diffusée mardi soir.

Dans le camp démocrate, Hillary Clinton disposait avant l'Indiana de 2 165 délégués et “super délégués” contre 1 357 pour Bernie Sanders. À la convention démocrate de Philadelphie, il en faudra au moins 2 383 pour être investi. « C'est le 18e État que nous remportons et nous tablons sur davantage de victoires dans les semaines à venir », a réagi Sanders à l'annonce de sa victoire dans l'Indiana. « L'équipe de Clinton pense que cette campagne est terminée. Ils se trompent », a-t-il ajouté.

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