«A l’air libre»: le racisme dans la police, l’identité noire avec Maboula Soumahoro

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  • 04/06/2020 21:01
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Allons, allons, c'est quoi ce dénigrement et sexisme. J'aurais parié que vous auriez pu tenir tout l'été avec vos scoops sur Aviva et la démagogie de Macron destitué et ses lois liberticides. J'suis déçu. Héhé. Sans déconner.

Merci Mediapart.

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  • 04/06/2020 22:48
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Strasbourg : un homme de 21 ans frappé par un policier au commissariat, le parquet saisit l'IGPN (France3-Régions, 4 juin)

Maître Kaoutare Choukour : « Si on n'avait pas eu les vidéos et si le président du tribunal n'avait pas accepté de briser les scellés pour les visionner, mon client aurait été condamné à un an de prison pour outrage à l'égard d'un agent dépositaire de l'autorité publique. Je me dis que tous mes clients qui me disaient avoir été victimes de violences policières et qui ont été condamnés disaient peut-être la vérité. »

Devant l'indignation générale suscitée dans le salle d'audience par les images, le procureur a saisi l’IGPN d’une enquête ouverte du chef de violences commises par un dépositaire de l’autorité publique : trois policiers sont concernés - le fonctionnaire auteur de l'agression - une de ses collègues qui a témoigné en sa faveur, - ainsi qu'un troisième fonctionnaire chargé de retranscrire les images de la vidéosurveillance.

L'IGPN, dernier rideau de défense du racisme d'État ? À suivre...

Merci Mme Baboula. Quelle belle pensée et pertinante qualité de réflexion vous avez! J'ai choisi moi-même de questionner mes préoccupations, les miennes, quant au racisme et à la tolérance en militant depuis plusieurs années dans una association d'aide aux migrants et en accueillant chez moi depuis début janvier un afghan pachtoune musulmant... certes la période du ramadan nous a été difficile, mais sinon, quel bonheur d'accueillir un "autre" avec lequel je peux partager tant de choses. Prendre soin des autres et prendre soin de soi, c'est la même chose. Merci Madame. Yves

Le "Mme Baboula" fait tache. Elle s'appelle Maboula Soumahoro, et Maboula est son prénom.

Le racisme dans la police, mais il faut ajouter le racisme du gouvernement. Car lorsque Jaques Toubon, défenseur des droits dit qu'une personne de couleur est contrôlée 20 fois plus souvent qu'un blanc, Castaner ne peut pas l'ignorer, et s'il suit l'activité des ses agents il n'a pas besoin de l'avis du défenseur des droits pour être au courant. Que fait-il pour corriger cette anomalie ?

Il semblerait qu'il approuve ces contrôles au faciès non, c'est à dire qu'il soutient le racisme de ses hommes.

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  • 10/06/2020 11:44
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Très intéressant, cet interview de Mme Soumahoro, dont j'ai apprécié la pondération en même temps que la clarté des positions.
Puis-je souligner que j'ai été amenée à écouter cet échange par l'annonce du titre portant en sous-titre "Une identité noire" – ce qui m'a... profondément choquée, en fait : depuis quand être "noire" constitue-t-il une "identité" ? C'est ce qui m'a fait écouter cet interview.

Alors, oui, bien sûr, on a "une" : c'est donc "une identité" parmi d'autres. Ce qui remet un peu les choses à leur place, surtout avec l'éclairage que cette universitaire apporte, lorsqu'elle constate que, en tant que femme noire représentant un certain courant de pensée, et s'exprimant notamment sur le racisme, elle est systématiquement "seule" à être invitée, plus ou moins "à la place" d'une autre femme "de même acabit", qu'il s'agisse de Mme Diallo, de Mme N'Diaye. Donc, on comprend que, en effet, elle "coche une case", en quelque sorte, lorsqu'elle est médiatisée – mais n'est-ce pas, en réalité, le fait, aussi, de toute personnalité politique, de tout intellectuel, invité non pas pour son "identité", mais pour ce qu'il a à dire sur un sujet donné ?
Ici, donc, je trouve que Mme Soumahoro fait aux "Blancs" qui l'invitent sur un plateau de télé ou ailleurs, d'une certaine manière, un faux procès : elle n'est en effet pas invitée en tant qu'elle-même, mais en tant que femme noire, universitaire, qui étudie, écrit et s'exprime sur un sujet de société crucial, et il se trouve que celui-ci EST le racisme dont souffrent les "non-Blancs", la manière dont une personne de peau noire est perçue par les Blancs, etc.
C'est donc bien en tant que personne "porteuse" de certaines idées, de certaines visions, d'un certain discours qu'elle est invitée à s'exprimer, et, en cela, il est assez normal que ce soit "elle OU une autre" qui pourrait, en quelque sorte, "cocher la même case"...

Je ne vois pas vraiment de "racisme" là-dedans. Mais... il serait sans nul doute intéressant, aussi, non pas de faire s'exprimer UNE personne sur le sujet, mais, par exemple, de pouvoir un jour assister à un débat ENTRE les personnes "représentatives" de ce sujet, qu'on pourrait imaginer, pourquoi pas, entre Mme Soumahoro et Mme Diallo, ou même entre Mme Soumahoro et Mme Rama Yade – ou, allez : entre un Zemmour et Mme Soumahoro ?
Car, en réalité, je crois que c'est là que le bât blesse encore : certes, nous entendons parfois "une" personne "s'exprimer sur"ce sujet dont elle est elle-même "porteuse" ou "représentative", mais le "débat", en réalité, reste pour le moment inexistant. Ce qui manque, à mon avis, à "normaliser" le sujet et à le prendre réellement à bras-le-corps.
Mais... un "débat" sur ce sujet ô combien douloureux et ô combien... "délicat" est-il vraiment envisageable ?
Tant qu'il ne le sera pas, en effet, point n'est besoin, en réalité, d'avoir sur le plateau une diversité de personnes pouvant éclairer d'opinions diverses, selon leur propre "identité" non plus "noire", mais "individuelle", le sujet. Ce sera donc, fatalement, toujours "une à la place d'une autre", tant que cela restera "un seul discours", sans débat. Et, cela, même si chaque discours est différent : il coche en réalité toujours la même case. Celle de l'Autre, qui nous parle de la difficulté que lui vaut d'être Autre – ou d'être perçue comme Autre, ou de se ressentir soi-même comme Autre...

Je suis tout à fait d'accord avec Mme Soumahoro sur la vanité de l'idée "d'universalité", que je trouve assez loufoque moi-même : il n'y a qu'à regarder le monde pour voir que nos prétendus "droits de l'homme" et autres "valeurs universelles" sont issus d'une sphère culturelle et ne s'adressent en réalité qu'à cette seule sphère culturelle – et... d'autres sont tout aussi légitimes à privilégier d'autres droits et d'autres valeurs.

Mais je ne peux que sourire un peu lorsque j'entends ce qui, pour moi, s'apparente presque à une vérité de La Pallice : là où les Blancs sont en forte majorité, en effet, comment ne pas voir l'Autre dans sa "différence" ? Puisque c'est cette différence-là qui nous le fait remarquer... De cela, Mme Soumahoro semble déduire que ce serait déjà un trait "raciste" : je ne suis pas d'accord. Il est sans nul doute plus "confortable" d'être, en France, en Europe, aux États-Unis, etc., de peau claire que de peau noire : le Blanc, chez nous, "remarque" le Noir, mais le Noir, chez nous, "ne remarque pas" le Blanc. Je comprends bien sûr que ça puisse se vivre un peu difficilement, mais voilà : c'est juste un "fait". Les Blancs doivent-ils culpabiliser de constituer tout simplement, pardon, la "normalité" dans certaines sociétés, et les Noirs, en Afrique, devraient-ils culpabiliser de constituer tout simplement, pardon, la "normalité" dans leurs sociétés africaines ? Que l'inconfort naisse de cela, c'est évident, mais voilà : de cela personne n'est "coupable" ni même "responsable".

Mais, tout de même, particulièrement en France, il me semble que, aujourd'hui, notre société est d'une grande diversité de types et de couleurs de peau et que, donc, si la majorité demeure "blanche", il n'est plus "a-normal" d'avoir le type maghrébin, ou la peau noire, ou un type asiatique, etc. Cette diversité commence à avoir un certain âge, via nos territoires et départements d'outre-mer et via nos anciennes colonies, et... pour ma part, il y a bien longtemps que je ne vois plus un "Arabe" ou un "Noir" comme un "Autre" différent de moi. Le devrais-je ? Parfois, à entendre ce genre d'interview, je m'interroge. Y aurait-il "une identité noire" ? Mon identité est ma langue et ma culture, sans doute aussi un peu mon pays, lié à ma langue et à ma culture. Et, en cela, je ressens Mme Soumahoro, qui s'exprime et visiblement pense parfaitement bien en français et partage avec moi notre culture française, comme proche de moi, avec "son" identité personnelle, faite de sa couleur de peau sans doute, mais aussi faite de son terrain d'études, de son parcours  universitaire, comme la mienne est faite de tout cela également. Non, je ne pense pas chaque jour à ma couleur de peau blanche, mais... peut-être serait-il temps que les personnes de peau noire arrêtent de penser chaque jour à leur couleur de peau noire ?

Si les policiers manifestent pour le droit de commettre des actes racistes sans être sanctionnés ou même celui d’afficher leur appartenance à des groupuscule d’extrême droite, la seule voie raisonnable est la dissolution de cette organisation.

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