Navalny interpellé à Moscou lors d'une manifestation anti-Poutine

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Le dirigeant de l'opposition Alexeï Navalny et plusieurs centaines d'autres opposants ont été interpellés samedi par la police russe lors de rassemblements organisés à travers la Russe pour protester contre Vladimir Poutine avant son investiture à un quatrième mandat présidentiel.
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MOSCOU (Reuters) - Le dirigeant de l'opposition Alexeï Navalny et plusieurs centaines d'autres opposants ont été interpellés samedi par la police russe lors de rassemblements organisés à travers la Russe pour protester contre Vladimir Poutine avant son investiture à un quatrième mandat présidentiel.

Alexeï Navalny, qui a été interpellé place Pouchkine dans le centre de Moscou, avait appelé la population à descendre dans les rues de plus de 90 villes de Russie pour manifester son opposition à ce qu'il considère comme le style autocratique de type tsariste du président russe, dont le nouveau mandat de six ans lui permet de se maintenir au Kremlin jusqu'en 2024.

Agé de 65 ans, Vladimir Poutine a été réélu le 18 mars avec près de 77% des suffrages, soit plus de 56 millions de suffrages. Il doit être investi dans ses fonctions lundi au Kremlin lors d'une cérémonie en grandes pompes.

Ce nouveau mandat fera de Poutine le dirigeant russe resté le plus longtemps en exercice depuis Staline, qui avait "régné" pendant près de 30 ans sur l'Union soviétique.

"Navalny venait de faire son apparition place Pouchkine quand il a été interpellé", a expliqué Leonid Volkov, un responsable de l'opposition, sur les réseaux sociaux. "Elle (son interpellation) est totalement illégale", a-t-il ajouté.

"A BAS LE TSAR!"

Des jeunes manifestants ont scandé "La Russie sans Poutine!" et "A bas le tsar!" place Pouchkine. Sur une vidéo de l'interpellation, on voit Alexeï Navalny emmené par cinq policiers vers un fourgon en attente. Auparavant, l'opposant, qui avait été interdit de candidature à la présidentielle de mars, avait pu s'adresser brièvement aux milliers de manifestants sur la place, se disant heureux de voir que la population descendait dans la rue.

Des journalistes de Reuters ont vu les policiers anti-émeutes évacuer d'autres manifestants du rassemblement de Moscou, parfois avec brutalité, avant de les pousser à l'intérieur de fourgons. A Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, les manifestants ont été empêchés de rejoindre la place centrale de la ville, où devait se tenir un rassemblement anti-Poutine.

Un retraité de 72 ans, portant un T-shirt frappé de l'effigie d'un Poutine couronné et barré d'un trait, a dit être venu manifester à Moscou pour protester contre une élection censée maintenir au pouvoir un dictateur.

"Nous sommes venus manifester contre cette parodie d'élections", a-t-il expliqué.

OVD Info, une organisation de défense des droits de l'homme qui suit les arrestations, dit avoir reçu de la police des informations faisant état de plus de 350 interpellations à travers la Russie.

Des manifestations ont eu lieu jusque dans l'Extrême-Orient russe et en Sibérie. A Ekatérinbourg dans l'Oural, un journaliste de Reuters a vu une foule d'un millier de manifestants, dont certains scandaient "A bas le tsar!"

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