Il est afghan et a parcouru la moitié du globe, de Kandahar à Paris, en trois mois. Il voyait l'Europe comme une terre d'accueil, il s'y retrouve piégé, momentanément tout du moins, sans logement fixe ni travail ni famille. Abdullah Alizai a 22 ans. Il a l'air d'un jeune homme de cet âge, basket, tee-shirts superposés, jean. Souriant, mais visiblement fatigué. Il s'est senti menacé par les talibans au point de s'enfuir de chez lui. Son père et son frère ont été assassinés, dit-il, entremêlant le français et l'anglais pour raconter son histoire. Au printemps 2008, sa décision est prise: il quitte sa mère, direction le Pakistan en bus, traverse à pieds les cols enneigés de la frontière irano-turque, «nous marchions la nuit pour ne pas nous faire repérer», et roule vers la Grèce caché dans des camions.
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