Europe

Pourquoi l'Italienne Federica Mogherini est soupçonnée d'être pro-russe

L'UE présentait vendredi une nouvelle batterie de sanctions contre la Russie, en réponse à l'accélération du conflit en Ukraine. Federica Mogherini, nouvelle voix de la diplomatie de l'UE, a apporté son soutien, en début de semaine, à cette stratégie, alors que certains la jugeaient jusqu'alors trop proche de Moscou. La diplomatie italienne a toujours entretenu des liens étroits avec la Russie. Avant tout pour satisfaire aux intérêts du géant de l'énergie ENI.

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L'attaque a failli lui coûter le poste. Tout l'été, des pays d'Europe de l'Est, Pologne en tête, sont montés au créneau pour barrer la route de Federica Mogherini. Leur argument : cette Italienne de 41 ans, ministre de Matteo Renzi, est trop proche de la Russie de Vladimir Poutine pour prendre les rênes de la diplomatie de l'Union.
Il a fallu attendre le sommet du 30 août, et un patient travail de conviction de Renzi, pour que l'affaire se dénoue. Mogherini, ministre des affaires étrangères italienne depuis février, remplacera bien Catherine Ashton à partir de novembre. Mais en échange, les pays d'Europe centrale et orientale ont obtenu la présidence du conseil de l'Union européenne (UE), avec la nomination de Donald Tusk, premier ministre polonais sur le départ.
Ce marchandage suffira-t-il à désamorcer la polémique ? À faire oublier, par exemple, ce déplacement du 9 juillet dernier à Moscou, où Mogherini s'est entretenue, apparemment sans accrocs, avec Vladimir Poutine, si l'on en croit son billet de blog ? Ou encore cet entretien donné à La Stampa en août, dans lequel elle plaide de manière plus nuancée pour « diminuer les tensions avec la Russie, à condition que la Russie mette ses comportements en conformité avec ses discours » ? Alors que la crise ukrainienne vire au conflit armé aux frontières de l'UE, le soupçon pro-russe pourrait bien coller encore longtemps à l'Italienne.
Mogherini a donc cherché à corriger le tir dès sa première audition, mardi, devant des députés européens : la Russie, a-t-elle déclaré, n'est plus un « partenaire stratégique » de l'UE – et tant pis si le programme de l'Italie d'ici décembre, pays qui occupe la présidence tournante de l'UE jusqu'à la fin de l'année, explique précisément le contraire, c'est-à-dire que Moscou reste un « partenaire stratégique » malgré les sanctions prononcées contre la Russie depuis le printemps (lire page 12 du programme). Elle a également apporté son soutien ferme aux nouvelles sanctions à l'égard de Moscou que l'UE doit prendre ce vendredi.

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