Le puzzle de la gauche israélienne face à l'offensive dans Gaza

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Que disent, que pensent quelques grandes figures de la gauche israélienne face à l'offensive menée par Tsahal dans la bande de Gaza? De l'écrivain Amos Oz à l'éditorialiste Gideon Levy ou au parlementaire à la Knesset, Dov Hanin, Naruna Kaplan de Macedo a interrogé pour Mediapart ces personnalités engagées mais aussi partagées sur le soutien à apporter à l'opération militaire actuelle.

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Ces entretiens ont été réalisés par Naruna Kaplan de Macedo (lire ici son blog «Depuis Tel-Aviv» sur Mediapart)

 

  • Amos Oz,
    écrivain israélien mondialement connu, et co-fondateur du mouvement La Paix Maintenant, est traditionnellement identifié avec la gauche sioniste et le parti Meretz. Il a soutenu l'initiative de Meretz de fonder un nouveau parti d'union de la gauche qui rassemblerait au-delà du seul parti.

Quelle est votre position par rapport à la guerre ?
J'étais en faveur d'une opération militaire limitée à Gaza. Une opération qui viendrait répondre aux attaques et aux harcèlements qui durent depuis maintenant huit ans. Ma position aujourd'hui rejoint celle de Meretz: le temps est venu pour un cessez-le-feu, il ne faut plus continuer l'opération; et il faut, indirectement, négocier avec le Hamas. Israël a évacué unilatéralement ses colonies de la bande de Gaza et, pourtant, les attaques ont continué. Oui, il y a un consensus en Israël aujourd'hui, en faveur d'une guerre... parce que les attaques ont continué malgré tout.

 

Mais Israël a mis en place un blocus.

Le blocus était nécessaire: il fallait empêcher le déferlement d'armes et d'explosifs qui risquait de venir de l'Iran. Et pendant le blocus Israël a laissé passer de la nourriture, de l'électricité, du carburant... Même maintenant, 70% de l'électricité de Gaza vient d'Israël parce que Israël veut éviter une catastrophe humanitaire à Gaza. Mais je ne sais pas quelle est la situation réelle à Gaza aujourd'hui.

 

Selon vous, votre pensée est-elle représentative de la gauche israélienne?
Il est difficile de parler en général de la société israélienne qui est une société très fragmentée. Pour ma part, je ne suis pas sûr de représenter qui que ce soit ni d'être l'ambassadeur de quoi que ce soit. Dans mes bons jours, je me représente moi-même, c'est déjà ça. Je ne peux pas représenter Israël car je fais partie d'une minorité en Israël.

 

En parlant de minorité, pourriez-vous adhérer aux thèses de Hadash, qui est un parti mixte ?
Non, mais pas parce que c'est un parti mixte. Je ne voterai pas pour Hadash parce que ce parti soutient trop souvent le nationalisme arabe d'une manière aveugle. Mais je défends, comme eux, «deux pays pour deux peuples».

 

Qu'est-ce que sioniste signifie aujourd'hui ?
Le sens de ce mot n'a pas changé, il est aussi simple aujourd'hui que jadis: je suis en faveur d'un pays pour le peuple juif, pour tous les Juifs qui en auraient besoin.

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