La Slovaquie aspire la main-d’œuvre balkanique bon marché

Par Jean-Arnault Dérens, Laurent Geslin et Simon Rico

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Plusieurs fois par semaine, des convois d’une vingtaine d’autocars s’ébranlent de Belgrade et de Novi Sad, à destination de Bratislava, Prague ou Budapest. À leur bord, des femmes et des hommes, plus ou moins jeunes, qui partent travailler dans les nouveaux « petits tigres » d’Europe centrale. En Slovaquie, ce sont Volkswagen, Samsung, PSA, KIA Motors ou Jaguar Land Rover qui embauchent, ainsi que d’innombrables entreprises de sous-traitance. Les salaires ? De 2,20 à 2,50 euros de l’heure, payés en fonction du temps effectivement travaillé. « Si la demande est forte, on peut travailler tous les jours, jusqu’à 12 heures d'affilée. C’est ce que tout le monde espère, cela permet de faire de bons mois », raconte le journaliste serbe Dragan Krsnik. Cet hiver, il a publié un retentissant reportage après s'être fait embaucher durant trois mois chez Samsung. « En revanche, si l’activité ralentit, on accumule les jours non travaillés et donc non payés. »