A Odessa, Mikhaïl Saakachvili tenté par le populisme

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À Odessa, dans le sud de l'Ukraine, le gouverneur et ancien président géorgien Mikhaïl Saakachvili cède aux sirènes du populisme, dénonce la revue anglophone de politique étrangère Foreign Policy.

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Propulsé à la tête de la région d'Odessa, dans le sud de l'Ukraine, à l'été 2015 pour mener de grandes réformes, Mikhaïl Saakachvili est en train de céder aux sirènes du populisme, d'après Foreign Policy. Dans un article publié le 5 septembre, cette revue anglophone de politique étrangère relate un épisode de violence contre la communauté rom d'un village de la région, à laquelle le gouverneur a répondu par un message attisant la haine.

Le 27 août dernier, une foule enragée s'est déchaînée contre la communauté rom du village de Lochtchinovka, en réaction à l'arrestation d'un homme, rom, soupçonné du viol et du meurtre d'une jeune fille. Face à ce que Foreign Policy qualifie de « pogrom », les autorités ont réagi très rapidement. Le conseil municipal a expulsé, dans des bus, les familles roms du village (soit une cinquantaine de personnes), et le gouverneur de la région a déployé des unités de police spéciales dans la commune. Mais surtout, Saakachvili a déclaré : « Je partage complètement la colère des habitants de Lochtchinovka […]. Il y a un trafic massif de drogues dans lequel les éléments antisociaux qui vivent ici sont partie prenante. Nous aurions dû traiter ce problème plus tôt – et maintenant c'est tout simplement impératif. » C'est la première fois que l'ancien président géorgien tient des propos racistes à l'égard d'une communauté de sa région.

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