Affaire Skripal: Moscou juge les allégations britanniques inacceptables

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Le Kremlin a de nouveau nié jeudi toute implication dans l'empoisonnement de l'ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, début mars en Angleterre, et a jugé inacceptable les allégations de Londres laissant entendre que cet acte a été approuvé par les plus hautes autorités russes.
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MOSCOU (Reuters) - Le Kremlin a de nouveau nié jeudi toute implication dans l'empoisonnement de l'ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia, début mars en Angleterre, et a jugé inacceptable les allégations de Londres laissant entendre que cet acte a été approuvé par les plus hautes autorités russes.

"Nous affirmons à nouveau que ni les dirigeants de haut niveau ni ceux de rang inférieur, ni aucun représentant officiel n’ont quoi que ce soit à voir avec les événements de Salisbury", a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence.

"Toutes les suggestions ou accusations de ce genre, je le répète, sont inacceptables", a-t-il ajouté.

Deux ressortissants russes ont été inculpés mercredi en Grande-Bretagne pour cette tentative de meurtre commise à Salisbury à l'aide d'une substance neurotoxique nommée Novitchok. La Première ministre Theresa May a précisé qu'il s'agissait d'agents du GRU, les services de renseignement militaires russe, ajoutant que leur mission avait sans doute été validée à haut niveau.

Dans un communiqué commun, France, Allemagne, Canada et Etats-Unis se disent jeudi convaincus de la véracité des conclusions de Londres.

"Nous avons toute confiance en l’évaluation britannique selon laquelle les deux suspects étaient des agents des service de renseignement militaires russes, également connus sous le nom de GRU, et que cette opération était certainement approuvée au niveau gouvernemental", écrivent-ils.

"L'annonce d'hier renforce encore notre intention de continuer à perturber les activités hostiles des réseaux de renseignement étrangers sur nos territoires, à faire respecter l'interdiction des armes chimiques, à protéger nos citoyens et à nous défendre contre toutes les activités malveillantes dirigées contre nous et nos sociétés", poursuivent les quatre Etats, invitant Moscou à procéder à "une divulgation complète de son programme Novitchok".

En début de matinée, le ministre britannique de la Sécurité avait estimé que l'empoisonnement de Sergueï et Ioulia Skripal était indirectement imputable à Vladimir Poutine lui-même.

"En dernier ressort, oui, étant donné qu'il est président de la Fédération de Russie et que c'est son gouvernement qui contrôle, finance et dirige les renseignements militaires (...) En dernier ressort, il est responsable. C'est lui qui est chef de l'Etat", avait répondu Ben Wallace, interrogé au micro de la BBC sur l'éventuelle responsabilité du président russe.

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