Contre l'Iran, l'Arabie saoudite lutte pour sa suprématie

Par

Riyad, qui redoute autant la menace djihadiste que le retour de Téhéran sur la scène diplomatique internationale, a-t-il délibérément déclenché une crise qui aggrave le chaos régional, attise la rivalité sunnite-chiite et met en péril la conférence internationale sur la Syrie ? Du côté iranien, les dirigeants multiplient au contraire les signes rassurants.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Après avoir passé par les armes 153 condamnés à mort en 2015, la monarchie saoudienne espérait-elle escamoter l’exécution de 47 autres détenus en les livrant à leurs bourreaux le 2 janvier 2016, alors que ses partenaires ou alliés occidentaux célébraient encore le nouvel an ? Si tel était le projet de ses communicants, l’idée s’est révélée un fiasco absolu. La présence, parmi les condamnés, pour la plupart militants d’organisations radicales sunnites, souvent proches d’Al-Qaïda, d’un religieux chiite de 56 ans, le cheikh Nimr al-Nimr, figure de proue de la minorité chiite locale et critique acerbe, mais non violent, de la monarchie, a transformé cette nouvelle preuve du mépris des princes wahhabites pour les droits de l’Homme en crise régionale majeure.