Au Brésil, l’opération anticorruption est fragilisée

Après quatre ans de médiatisation à outrance, d’incarcérations spectaculaires, de débats sur sa légalité, de critiques et de succès, l’opération « Lava Jato » semble arriver à son terme. Mais des changements de juges, la lassitude de l’opinion publique et la contre-offensive de certains politiques pourraient en réduire la portée.

jean-mathieu albertini

7 janvier 2018 à 12h57

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Rio de Janeiro (Brésil), de notre correspondant.-  Au milieu de son discours de Noël, Michel Temer annonce la traditionnelle grâce de fin d’année. Mais cette fois, le président par intérim du Brésil a changé les règles, facilitant la libération des condamnés pour fait de corruption. La réaction des procureurs du « Lava Jato », l’immense opération anticorruption qui agite le pays depuis presque quatre ans, ne se fait pas attendre. Sur les réseaux sociaux, l’un d’entre eux exprime sa révolte : « Cette grâce est une insulte au peuple brésilien. » La procureure de la République Raquel Dodge a, de son côté, déposé un recours auprès du Tribunal suprême fédéral (STF, selon l’acronyme brésilien) contre cette grâce présidentielle, qui « menacerait l’opération Lava Jato, ainsi que tout [le] système de responsabilisation pénale ». La grâce a finalement été suspendue jusqu’en février, où le STF devrait rendre une décision définitive.

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