L'économie chinoise se dope aux «revenus gris»

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Pékin, correspondance. L’air vicié de la capitale chinoise met à mal les poumons de Liu Jiang. La pollution l’a rendu asthmatique. Cet ingénieur télécom, installé à Pékin depuis dix ans, ne sort plus sans un masque anti-poussière. Trop de voitures, trop de chantiers, pas assez de vent ? Pour lui, ces justifications ne valent pas tripette. “L’airpocalypse” pékinoise serait plutôt causée par les tribuns de la bureaucratie locale. « Toutes ces grosses usines en banlieue prétendent répondre aux normes internationales. Mais les inspecteurs assermentés cessent d’inspecter si les patrons les paient. Et ils savent bien qu’aucun officiel local ne viendra fermer totalement ces usines si lucratives. Le “revenu gris” a pris une telle ampleur qu’il a enlevé le bleu du ciel. »