Le rapport Mueller justifierait des poursuites contre Trump, disent d'anciens juges

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Près de 500 anciens représentants du département de la Justice ont déclaré lundi dans un communiqué commun que les conclusions du rapport du procureur spécial Robert Mueller justifieraient des poursuites judiciaires contre Donald Trump pour entrave à la justice si celui-ci n'était pas président des Etats-Unis.
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WASHINGTON (Reuters) - Près de 500 anciens représentants du département de la Justice ont déclaré lundi dans un communiqué commun que les conclusions du rapport du procureur spécial Robert Mueller justifieraient des poursuites judiciaires contre Donald Trump pour entrave à la justice si celui-ci n'était pas président des Etats-Unis.

L'Attorney General (ministre fédéral de la Justice), William Barr, a exonéré Donald Trump de tout soupçon de conspiration avec la Russie lors de la campagne électorale de 2016 ou d'obstruction à la justice.

Dans son rapport de 448 pages, qui est le fruit de près de deux ans d'enquête, Robert Mueller dit ne pas pouvoir établir que le président américain a commis des actes d'entrave à la justice, mais ne l'en exonère pas non plus. Il recense une dizaine de cas où Donald Trump a tenté de faire pression sur l'enquête.

"Examiner ces faits et dire qu'un procureur ne pourrait probablement pas justifier une condamnation pour obstruction à la justice (...) va à l'encontre de la logique et de notre expérience", est-il écrit dans le communiqué, signé par des juges du département de la Justice ayant servi des présidents républicains et démocrates depuis les années 1950.

"Le comportement du président Trump décrit dans le rapport du procureur spécial Robert Mueller aurait résulté en de multiples inculpations pour entrave à la justice" s'il s'agissait d'une toute autre personne n'étant pas protégée par une pratique du département de la Justice, est-il ajouté dans le texte.

Une coutume datant des années 1970 veut que le département de la Justice ne poursuive pas au pénal un président en fonction.

Sollicitée pour un commentaire, une porte-parole du département de la Justice a renvoyé aux déclarations préalables de William Barr selon lesquelles Robert Mueller n'avait pas fourni suffisamment de preuves justifiant des poursuites judiciaires pour entrave à la justice.

Un porte-parole de Mueller n'a pas effectué de déclaration.

Le communiqué, coordonné par une organisation à but non lucratif et non partisane nommée Protect Democracy, avait été signé lundi soir par 467 anciens représentants du département de la Justice.

Parmi les signataires figurent Donald Ayer, qui fut numéro deux du département de la Justice sous la présidence du républicain George H.W. Bush, et Bill Weld, ancien haut fonctionnaire de la Justice pendant le mandat du président républicain Ronald Reagan (Weld est candidat à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2020, NDLR).

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès de la Maison blanche.

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