Des centaines de familles palestiniennes fuyant la Syrie ont trouvé refuge au Liban

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Près de 600 familles palestiniennes ont trouvé refuge ce week-end au Liban. Ces réfugiés ont fui la Syrie, suite aux violents combats qui ont touché le camp de Yarmouk, près de Damas.

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Chaque jour, des centaines de Syriens ayant fui leur pays, viennent trouver refuge au Liban. Selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), actuellement, les nouvelles vagues de réfugiés proviennent surtout de Damas, Deraa et Souwaieak, où les combats se sont intensifiés. Parmi eux, les réfugiés palestiniens sont de plus en plus nombreux. « Les premières familles sont arrivées au Liban au début du mois de juillet, mais depuis deux semaines, les réfugiés palestiniens sont de plus en plus nombreux à franchir la frontière », indique Fabio Fragione, chef de mission pour Médecins sans frontières au Liban. Leur nombre a même doublé ces derniers jours, en raison de l’intensification des combats près de Damas et d'un nouvel exode de Syriens fuyant leur pays.

Les réfugiés palestiniens arrivés ce week end fuyaient pour la grande majorité le camp de Yarmouk, situé dans la banlieue de Damas où vivaient près de 150 000 Palestiniens. « Jusqu’à présent, les combats se situaient à l’extérieur des camps. Mais aujourd’hui, les tirs touchent aussi les populations réfugiées, qui tentent de fuir à leur tour », constate Fabio Fragione.

Jeudi 2 août, 21 réfugiés ont été tués par un tir de mortier, à l’intérieur du camp de Yarmouk. Selon les observateurs, ces tirs provenaient du quartier voisin de Tadamoun, dans lequel ont lieu de violents combats. « Selon nos sources, il semble que d'autres réfugiés palestiniens soient toujours bloqués à la frontière, et attendent la permission d'entrer au Liban », ajoute Fabio Fragione.

Quelque 455 000 réfugiés sont enregistrés auprès de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens au Liban (UNRWA). La plupart des nouveaux arrivants se rendent donc directement dans les camps où ils ont déjà de la famille ou des proches, selon Fabio Fragione. Beaucoup ont trouvé refuge à proximité de la frontière, dans les camps de Jalil et de Taalabaya, situés dans la région de la Bekaa, à l’est du Liban. « Cinquante autres familles sont allées à Nahr al-Bared, 28 à Baddaoui (au nord) et le reste à Aïn al-Hilweh (au sud) », a indiqué Marwane Abdel Aal, membre de la branche libanaise du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), cité par l’AFP.  Les Palestiniens restent certes minoritaires parmi les milliers de réfugiés syriens ayant franchi la frontière libanaise depuis le début du conflit. « Mais nous portons une grande attention à cette population, qui est particulièrement vulnérable », souligne Fabio Fragione. La surpopulation rend la situation sanitaire périlleuse. Et bien qu’il soit contraire à la politique libanaise d’ouvrir de nouveaux camps de réfugiés, MSF réclame des moyens supplémentaires aux autorités. « Il faudrait constuire de nouveaux abris, pour offrir des conditions de vie décentes aux réfugiés. Nous réfléchissons aussi à la possibilité d’ouvrir des salles de classe dans certains camps », note le chargé de mission.

Dans la presse libanaise, Fouad Othman, en charge des affaires sociales pour le comité populaire palestinien de la région de Saida, se fait plus alarmiste : il demande au FPLP de mettre en place un plan d’urgence, alors que la plupart des familles nouvellement arrivées sont pour l’heure établies dans les espaces publics des camps.

Entrée du camp palestinien de Shatila, dans la banlieue de Beyrouth © Ifpo/Flick/CC Entrée du camp palestinien de Shatila, dans la banlieue de Beyrouth © Ifpo/Flick/CC

Une fois au Liban, les réfugiés palestiniens se heurtent aussi à de nombreuses complications administratives, puisqu’ils ne bénéficient en principe que d’un permis de séjour d’une semaine. Des négociations ont été engagées entre les représentants du FPLP et l’UNRWA pour les autoriser à séjourner trois mois dans le pays. Celles-ci semblent avoir abouti si l’on en croit Fabio Fragione, qui affirme que l’autorisation de séjour pour les réfugiés palestiniens vient d’être étendue à deux mois par les autorités libanaises. Mais leurs déplacements restent fortement limités : pour entrer et sortir des camps, ils doivent posséder un permis de circuler spécifique. Les démarches pour l'obtenir sont laborieuses, aussi les responsables palestiniens demandent un assouplissement de la législation en faveur des réfugiés palestiniens venus de Syrie.

Pour les Palestiniens en fuite, il s'agit aussi d'une nouvelle expérience traumatisante de l’exil. Certains réfugiés sont même déjà passés par les camps libanais avant de s’établir en Syrie. C’est le cas de Um Saleh Abdul-Fattah, une mère de famille qui a fuit la Syrie au début du mois d’août. Dans le quotidien libanais Daily Star, elle témoigne d'une histoire marquée par la fatalité : « Nous avons quitté la Palestine en 1948 et nous avons été déplacés dans le camp de Rashidieh avec d’autres réfugiés palestiniens (…) Plus tard, nous avons fini par nous installer en Syrie, où nous avons eu une vie décente. Aujourd’hui, nous sommes de nouveau réfugiés au camp de Rashidieh. »

   












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