Moscou et Pékin s'allient pour les commémorations du 8 mai

Alors que la France s'apprête à commémorer les 70 ans de la fin de la Seconde Guerre mondiale, Moscou et Pékin s'allient pour fêter la victoire sans l'Occident. 

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Cette année, Moscou et Pékin ont décidé de célébrer ensemble la lutte antifasciste. Vladimir Poutine se rendra le 3 septembre à Pékin pour commémorer la capitulation du Japon. Pour la première fois, la Chine organisera un défilé militaire à cette occasion. « C’est symbolique de la convergence stratégique entre la Chine et la Russie face à un Occident accusé de soutenir le fascisme », note François Heisbourg, de la Fondation pour la recherche stratégique à Paris. Ces célébrations sont ancrées dans une actualité particulière : tout comme Moscou dénonce le « pouvoir fasciste » de Kiev, Pékin renvoie de plus en plus souvent Tokyo à son passé militariste.

Le 9 mai, Moscou célèbre le 70e anniversaire de la victoire dans la Grande Guerre patriotique, comme on appelle en Russie la Seconde Guerre mondiale, qui s’est soldée par 27 millions de victimes du côté soviétique. Cette année, Vladimir Poutine a vu grand en invitant 68 dirigeants du monde entier. 16  000 soldats russes et 1 300 militaires étrangers défileront sur la place Rouge accompagnés d’hélicoptères, de missiles balistiques et du dernier modèle de char, l’Armata T-14. Une démonstration de puissance qui ne plaît pas à tous.

Si les chefs d’Etat ou de gouvernement chinois, indien, nord-coréen, vietnamien, sud-africain, cubain, grec ou serbe ainsi que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, seront aux côtés de Vladimir Poutine pour présider à ce défilé, la plupart des invités ont décliné. L’Europe brillera par son absence, tout comme les Etats-Unis. La Suisse se fera représenter par son ambassadeur.

La fin de la Seconde Guerre mondiale devient ainsi un enjeu mémoriel de première importance dans le rapport de force entre les grandes puissances. Les Européens et les Etats-Unis fêtaient l’an dernier en grande pompe l’anniversaire du débarquement de Normandie et la libération du continent. Invité, Vladimir Poutine avait fait le déplacement. La simple politesse ne devait-elle pas dicter un déplacement à Moscou en retour, ne serait-ce qu’en respect du rôle crucial joué par l’URSS dans la défaite du nazisme ?

La suite et le récit de la polémique dans cet article d'Alain Koller du Temps.

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