Austérité en Espagne: des médecins vont désobéir

A la fin de l’été, les étrangers en situation irrégulière ne pourront avoir accès gratuitement au système de santé universel espagnol. Une situation qui préoccupe les associations depuis des mois et contre laquelle les médecins ont décidé de se rebeller à leur tour.

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Les signatures se multiplient pour lutter contre l’exclusion des sans-papiers, bientôt privés de leur droit d’accès au système de santé public espagnol. Alors que Médecins du monde, Amnesty International et Red Acoge en ont déjà reccueilli 60 000 par le biais d'une pétition, 900 médecins éspagnols viennent de s’engager à leur tour pour dénoncer les mesures prises par le gouvernement espagnol qui entend réaliser «près d’un milliard d’euros d’économie par an », grâce à une réforme lancée en avril. «Ma loyauté envers les patients ne me permet pas de manquer à mon devoir éthique et professionnel et de commettre un abandon », affirme le texte diffusé par la société espagnole de médecine familiale et communautaire (semFYC) depuis le début du mois de juillet, afin d'encourager les médecins à devenir « objecteurs de conscience» en s'opposant fermement aux mesures de rigueur qui vont toucher les populations les plus vulnérables.
Pris dans la spirale de la dette, le gouvernement espagnol a annoncé dès le mois d’avril, qu’il comptait s’attaquer au déficit public en réalisant 23,7 milliards d’économie dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Le Parlement espagnol, où le Parti populaire de Mariano Rajoy détient la majorité absolue, a enclenché cette réforme du système de santé à travers un amendement à la loi sur les étrangers, adopté en avril. Ainsi, à compter du 1er septembre, les étrangers en situation irrégulière verront leur accès au système de santé public largement limité: seuls les urgences pour maladie ou accident, le suivi de grossesse, les accouchements et post partum et l’assistance sanitaire aux moins de 18 ans seront encore assurés gratuitement.

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