Syrie: L'OIAC ouvre une enquête sur l'attaque de Douma

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L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a ouvert lundi une enquête pour savoir si plusieurs dizaines de civils syriens ont été victimes samedi d'une attaque chimique à Douma, près de Damas.
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AMSTERDAM (Reuters) - L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a ouvert lundi une enquête pour savoir si plusieurs dizaines de civils syriens ont été victimes samedi d'une attaque chimique à Douma, près de Damas.

Selon des sources gouvernementales américaines, il n'est pas possible d'assurer, au vu des éléments actuels, que les forces gouvernementales syriennes sont bien responsables de l'attaque présumée. D'après ces sources, un agent innervant a été utilisé mais il est encore trop tôt pour dire lequel.

Un spécialiste a évoqué l'utilisation possible à la fois de gaz sarin et de chlore.

Le directeur général de l'OIAC, Ahmet Üzümcü, a fait part dans un communiqué de "sa vive préoccupation après l'attaque chimique présumée du 7 avril à Douma", dernier bastion rebelle de la Ghouta orientale.

Des témoins et des sauveteurs ont fait état de plus de 60 morts et de près de mille blessés dans l'attaque de samedi, au cours de laquelle deux bombes au moins ont frappé un hôpital et des bâtiments voisins. Environ 500 personnes ont été soignées pour des problèmes respiratoires.

Les inspecteurs de l'OIAC ne devraient pas se rendre sur place mais ils devraient interroger à distance des témoins et se procurer, en vue d'analyse, des échantillons sanguins de survivants de l'attaque.

Le gouvernement syrien dément avoir mené une attaque chimique et ses alliés russes dénoncent une "provocation".

A Douma, des témoins ont parlé d'une odeur de chlore et des médecins ont plutôt évoqué des symptômes liés à l'usage de gaz innervant.

Selon le professeur Raphael Pitti, qui a vu des vidéos filmées après l'attaque, certaines victimes semblaient prises de convulsions, ce qui ferait penser à du gaz sarin. "Mais tout laisse à penser que du chlore a été utilisé durant la seconde attaque pour tenter de masquer l'usage du gaz sarin", a-t-il dit.

Un médecin a déclaré que certaines victimes avaient craché du sang, ce qui n'avait jamais été constaté lors de précédentes attaques chimiques en Syrie.

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