Philippe Rondot, le Français qui voulait la tête de Ben Laden

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Le général Rondot était entendu ce mercredi dans l'affaire Clearstream. En septembre 2001, il faisait la navette entre l'Elysée et le ministère de la défense. Selon la retranscription de ses notes, dont Mediapart présente les fac-similés, les officiels français préparaient aussi des «assassinats ciblés» dans le plus grand secret.

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Si Philippe Rondot comparaissait mercredi, en qualité de témoin, dans l'affaire Clearstream, c'est en partie à cause d'Oussama Ben Laden, son obsession. Coordinateur français du renseignement et des opérations spéciales pendant près de dix ans, le général a cru qu'Imad Lahoud, le falsificateur présumé des listings bancaires de Cleastream, avait géré des comptes du chef d'Al-Qaïda, et qu'il pourrait ainsi remonter jusqu'à lui, et peut-être même le «capturer». Avant cet épisode malheureux et grotesque, Philippe Rondot n'en a pas moins coordonné l'action des services spéciaux français après les attentats du 11 septembre 2001. Ses carnets, saisis et décryptés par la justice, offrent un récit unique de la riposte occidentale. Selon ces notes, les services français échafaudaient des projets d'assassinats ciblés, en relation étroite avec leurs homologues américains. Retour sur le premier jour.