L'Afrique au centre (1) - Comment la Chine s'est emparée d'un continent

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Il est aussi à noter, que la chine comme tous les pays capitaliste cherche des débouchés où la main d'oeuvre est encore moins chére que chez elle et où le taux d'équipement est bas. Il faut recaser les millions de télé et autres bidules, qui équipe déja l'occident par multiple (5 ou 6 télé par foyer), qui reste ? Les africains ! Les prochains sont les africains ... aprés la planéte pourra exploser, les africains étant les derniers sur la liste du développement. L'apocalypse approche. L'humanité aura fait son cycle.
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  • 09/06/2008 13:58
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Un exemple de "coopération" Chine-Afrique, le Belingagate au Gabon Rappel historique: http://www.pwypgabon.org/?rb=article&srb=146&texte_rubrique=Autres_Actualit%E9s Après les premières protestations: http://www.pwypgabon.org/?rb=article&srb=183&texte_rubrique=Autres_Actualit%E9s http://www.pwypgabon.org/?rb=article&srb=133&texte_rubrique=Autres_Actualit%E9s http://www.pwypgabon.org/?rb=article&srb=108&texte_rubrique=Autres_Actualit%E9s et la fin? http://www.pwypgabon.org/?rb=article&srb=390&texte_rubrique=Actualit%E9s_PWYP_GABON
Passionnant comme toujours. Pour une fois j'ai regardé/écouté la video car sa durée (53 s !) était annoncée. Et je ne le regrette pas, car elle vient utilement relativiser le premier commentaire (anti maoïste primaire ! ) que j'aurais, sinon, eu la tentation de laisser seul , à partir des extraits ci-dessous de l'article : "des rémunérations souvent modiques pour les ouvriers africains «exploités», des garanties sociales souvent inexistantes pour les travailleurs," (...) "soutien politique indirect à des régimes autoritaires" J'aurais écrit en "réponse" : 40 ans après, il est toujours intéressant de voir à quoi a abouti le discours de l'anti exploitation capitaliste et de l'anti impérialisme dont nous (français et chinois, je suppose ...) avons été alors abreuvés...
Mais la dernière video est venue, pour moi, relativiser les choses, et reléguer mon premier commentaire au rang d'"d'humeur", c'est-à-dire d'émotionnel non digéré.
Avec plus de recul, je dirais ceci : L'idéologie maoïste - comme toutes les idéologies finalement - n'était-elle tout simplement soluble dans le pragamatisme économique? Celui-ci n'étant lui-même tout simplement que le reflet de la nature humaine la plus ordinaire... et donc universelle : mon intérêt (ou celui de ma famille, de mon groupe...) d'abord. Alors, Africains, Chinois, Européens etc, même combat égoïste ? Ou sinon, réflexions du même type à construire, séparément ou en commun, à propos de l'impact de nos comportements ou interactions sur l'ensemble du système commun (Terre !) auquel nous participons ?
PS : complètement d'accord avec le parti pris de la boite noire. Peu importe l'actualité immédiate puisque tout ça ce sont aussi de grandes lames de fond.
Passionnant! C'est sûr que, demain (mais déjà aujourd'hui) Chine et Inde seront au premier plan de l'économie. Derrière, un objectif: faire du "fric" (comme nous!), là où on peut. Que restera-t-il du Bouddhisme après? Qu'ils soient chinois, indiens ou occidentaux, les humains sont partout pareils! Pauvres Africains.
Que vient faire le bouddhisme dans cette histoire, M Philips?
La spiritualité des peuples exerce une influence sur le comportement des gens: ici, l'attrait de l'argent, la recherche du profit à tous prix ne va-t-il pas, à plus ou moins long terme, modifier les références et les valeurs spirituelles des Chinois et des Indiens? Voilà ce que mon "raccourci" sous entendait!
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  • 09/06/2008 17:24
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Les Africains sont aussi humains - trop humains et le comportement d'élites dirigeantes et de leurs administrations fait la place belle aux "invasions" .Après le pillage par l'Europe, l'occupation de pans entiers de l'économie par l'Asie. Au moins, d'après le graphique publié, semble-t-il y avoir réel échange de savoir-faire et de produits manufacturés entre Chine et Afrique - où en vont les profits ?
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  • 09/06/2008 17:46
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Bonjour à tous, je vous transmets une information . Les chinois font, en effet, venir une grande partie de la main d'oeuvre pour la réalisation des grandes infrastructures publiques. Une partie de cette main d'oeuvre relève du travail forcé, tel que définit par les Conventions Internationales du Travail: ce sont des prisonniers de droit commun.
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  • 09/06/2008 21:32
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Un exemple, le Sénégal. Mittal va investir 1 Milliard d'Euros pour exploiter une mine de fer à l'intérieur du Sénégal, construire un port pour évacuer le minerais et une ligne de chemin de fer entre la mine et le port. "Port Authority of Dubai" va prendre la main sur le port de Dakar, au dépens de Bolloré... Karim Wade, le fils du président en a décidé ainsi après un appel d'offre contesté par Bolloré. Il faut se faire une raison, la France perd pieds en Afrique, et au vu des résultats obtenus après 100 ans de présence, je ne pense pas que les Africains nous pleurent très longtemps. Olivier, 38 ans, vivant à Francfort
Sur le Sénégal, et le versant chinois des choses, je conseille les quelques pages de «La Chinafrique» (lire Prolonger) sur le sujet. La thèse des auteurs : «Le gouvernement sénégalais a été plus malin que beaucoup de ses voisins africains». Ils ont exigé l'installation de commerçants sénégalais en Chine contre l'arrivée de Chinois au Sénégal. «En deux ans, 5500 Sénégalais ont obtenu des visas d'entrée et de séjour en Chine». Résultat, ce sont des Sénégalais qui ont en partie profité du boom des importations chinoises dans le pays...
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  • 09/06/2008 21:41
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J'ai assisté en Algérie à un dialogue ubuesque : dans ce pays où plus de la moitié de la population a moins de 30 ans et où une des principales activité consiste à "tenir les murs" il y était question des centaines de milliers de logements promis par le président et du seul recours possible aux entreprises chinoises. Keynes, reviendrait qu'il n'y reconnaîtrait pas ses petits. C'est ainsi que l'on lutte contre le terrorisme !
Je ferai quelques commentaires concernant le Mali. «Si les Chinois sont encore faiblement implantés au Mali, ils travaillent dans des secteurs très visibles à Bamako, comme les bars et hôtels, notent-elles. Ils ont également réalisé la construction du palais royal.» Il n'y a pas de palais royal à Bamako. Jusqu'à preuve du contraire, c'est toujours un président démocratiquement élu qui est à la tête du Mali. Les Chinois ont investi dans une entreprise textile malienne, la COMATEX, qui fabrique du tissu pour pagnes à partir du coton. Ils ont reçu la visite d'une mission d'experts mandatés pat l'ONUDI et l'UEMOA, tout comme une autre société textile malienne à 100 %, BATEX-CI, produisant le même type d'articles. Aux dires des experts, la production de COMATEX est qualitativement d'un niveau très bas alors que celle de BATEX-CI est très appréciée sur le marché. En ce qui concerne la comptabilité, l'expert financier de cette équipe nous a dit que les comptes de COMATEX étaient écrits en chinois. Cela s'appelle de la transparence ? Comme on fait l'exercice d'une comparaison avec l'aide au développement, il ne faut pas oublier que les bureaux d'études et les entrepreneurs maliens participent également aux appels d'offres. Et que même ceux-ci peuvent difficilement lutter avec des offres financières qui sont le reflet de leur propre marché local. J'ajouterai encore que les Chinois ont promis de construire "gratuitement" un troisième pont à Bamako sur le Niger sur le site de la première centrale hydro-électrique de SOTUBA. Cela illustre la théorie du package. Il ne faut pas oublier non plus les financements libyens (nouvelle cité administrative, et aussi quelques grands hôtels de luxe) mais qui ont tout de même le mérite d'utiliser la main d'œuvre locale. Enfin, il ne faut pas oublier que pour des raisons historiques et culturelles (le Mali est né au 11-12ème siècle), ce pays a une tradition démocratique bien plus solide que d'autres pays de la sous-région et qu'il a toujours bien réussi à absorber les invasions étrangères.
Merci pour votre commentaire. «Palais présidentiel», c'est rectifié. Nous reviendrons demain mercredi sur la question de l'opacité des chiffres de l'action chinoise et son explication (avec le cas de l'aide au développement de la Chine).
L'article n'est-il pas, surtout dans les vidéos de la fin, un petit peu unilatéral ? Je me demande notamment comment ces jeunes chercheuses sont parvenues à la conclusion (et non à la simple supputation) que les impôts non payés et autres cas de malversations économiques sont en gros dus aux imperfections des marchés et des bureaucraties d'Afrique. J'espère qu'elles ne se sont pas contentées de croire les Chinois d'Afrique sur parole sur ces questions. La question n'est évidemment pas de savoir si les Chinois sont plus ou moins méchants que les Occidentaux, mais l'histoire atteste largement que quand on dispose d'une position économique de force dans un pays étranger, on tend à en abuser. La salubre volonté de rééquilibrage (en finir avec les délires sur le péril jaune) ne doit pas sombrer non plus dans l'irénisme.
Je vais prendre leur défense un instant : les deux chercheuses en question, après avoir passé trois mois sur le terrain, ont conclu, en résumant à gros traits, que les abus des Chinois existent, mais qu'ils sont facilités par certaines failles et carences de l'Etat africain. Sur la question plus précise des impôts au Mali, je crois me souvenir qu'elles ont vérifié cette hypothèse en interrogeant des fonctionnaires maliens dans un centre d'impôt. Et je trouve la conclusion consistant à dire que la Chine en Afrique, c'est moins, ou autant, les grosses entreprises publiques téléguidées depuis Pékin, qu'une myriade d'investisseurs privés à leur compte, des «aventuriers», très séduisante. Quant à l'angle «un petit peu unilatéral» de l'article, vous avez peut-être raison. Disons que j'ai voulu aussi faire entendre ceux que l'on entend moins ailleurs, énervés par certains raccourcis sur le péril jaune dont vous parlez... Bilan en fin de semaine !
Merci de votre réponse. Mon commentaire s'appliquait en fait surtout aux deux dernières vidéos, qui ne me semblaient pas présenter une argumentation à toute épreuve. Notamment parce que le caractère "spontané" et privé d'un grand nombre d'émigrations économiques chinoises en Afrique n'est nullement contradictoire avec une stratégie globale d'implantation et des rapports inégalitaires : ces petits entrepreneurs prennent probablement le risque de quitter leur pays parce qu'ils s'inscrivent dans un mouvement d'ensemble, qu'ils trouvent sur place des compatriotes, que la presse chinoise (assez contrôlée) communique abondamment sur l'Afrique comme terre d'investissement, qu'ils bénéficient d'aides gouvernementales, etc. Rien de fondamentalement différent en cela, vous avez raison, avec des stratégies de développement "occidentales". Je trouve cela dit très intéressante la démarche d'ensemble qui consiste à multiplier les formats et les sources d'information dans un article, ainsi que le dialogue entretenu entre journalistes et lecteurs.
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  • 12/06/2008 13:18
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Une serie d'article passionante, comme toujours chez Mediapart... Pour information, la resolution sur l'etat de l'Afrique adoptee lors du 55e congres de l'internationale liberale il y a quelques semaines peut etre consultee (et commentee) en francais a cette adresse : http://www.mediapart.fr/club/blog/victor-cova/100608/l-afrique-au-centre-resolutions-du-55e-congres-de-l-internationale-libe Document tres consensuel, et fortement anti-chinois, comme on pouvait s'y attendre, en contre-point donc au texte de Ludovic Lamant...
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Depuis le lancement du site il y a presque trois mois, des dizaines d'informations ont confirmé, à intervalles réguliers, la montée en puissance de la Chine et de l'Inde en Afrique : signature de contrats juteux ici et là en Afrique, rapport du Parlement européen sur la question, conférence de presse d'officiels chinois à Paris, batterie de working papers du centre de développement de l'OCDE sur le sujet, etc. Jusqu'à présent, nous n'en avions pas dit mot. A chaque fois, la même gêne : évoquer par le tout petit bout de la lorgnette une tendance de fond complexe et hautement polémique, se retrouver contraint de relayer les chiffres publiés par Pékin ou lus un peu partout dans la presse, faute d'en savoir plus sur le sujet, faute d'avoir enquêté un tant soit peu. Nous avons donc attendu, quitte à perdre en réactivité.

 


Les partis pris de la série sont simples : raconter cette mondialisation Sud-Sud qui en dit beaucoup plus sur l'état du monde que les grandes conférences internationales et leur langue feutrée, faire le tri dans l'abondante littérature parue sur le sujet en donnant le plus possible la parole aux chercheurs sur le terrain, constituer une base de référence qui nous permette, dans les mois à venir, de rebondir plus vite sur tel ou tel événement que l'on jugera significatif. Bref, constituer, doucement, une mémoire du site sur ces sujets à nos yeux décisifs.