Posséder la terre: l'enjeu des nouveaux conflits avec le Sud

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C'était à la mi-juin, au Pérou : les Indiens d'Amazonie obtenaient gain de cause, après deux mois de blocages et de violences. Les décrets qui devaient faciliter l'exploitation de leur forêt par des compagnies étrangères ont été suspendus. Ce conflit très médiatisé n'est pas un cas isolé. Du Canada aux Philippines, passant par le Botswana, des populations isolées s'opposent à l'arrivée de groupes miniers ou pétroliers. Etat des lieux d'un phénomène, qui devrait encore s'intensifier à cause de la crise économique, préviennent les Nations unies. Premier volet d'une série consacrée au retour au premier plan des conflits fonciers sur la planète. [Photo: un enfant bushman au Botswana. ©Fiona Watson/Survival.]

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En 2009, le Pérou devrait être l'un des seuls pays d'Amérique latine, avec le Chili et l'Uruguay, à afficher une croissance positive (+3,5% selon le FMI). En ces temps de crise, c'est une vraie performance, qui s'explique avant tout par l'ouverture croissante de cette économie aux investissements étrangers. Mais la flambée de violences survenue début juin dans le nord-est du pays, entre des Indiens d'Amazonie et les partisans du gouvernement d'Alan Garcia, a rappelé les vertiges de cette stratégie de développement. Au cœur des colères : deux décrets, promulgués l'an dernier, visant à faciliter l'exploitation des mines, des forêts et des eaux de l'Amazonie péruvienne, par des groupes étrangers.