Bassma Kodmani: «En Syrie, la phase de “désescalade” est loin d'être achevée»

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Alors que l'ancien ambassadeur américain à Damas estime la victoire de Bachar al-Assad acquise et une reconquête totale du pays probable d'ici « deux à quatre ans », la chercheuse et opposante syrienne Bassma Kodmani, qui participe aux négociations d'Astana, fait le point sur l'état du conflit et la situation géopolitique en cours de bouleversement.

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« Assad a gagné et restera au pouvoir. » C’est le constat de l’un des meilleurs observateurs de la scène syrienne, l’ancien ambassadeur américain Robert Ford qui, du temps où il était en poste à Damas, avait clairement pris parti en faveur de l’insurrection en se rendant en 2011 dans la ville de Hama, alors en pleine ébullition révolutionnaire avant de devoir quitter la Syrie dans la crainte d’un attentat. Dans une récente interview au quotidien The National, publié à Abou Dhabi, le diplomate américain estime aussi que « la guerre ralentit peu à peu », que Bachar al-Assad sera en mesure de reconquérir toute la Syrie « d’ici deux à quatre ans » et qu’il s’attend de sa part à « une grande victoire militaire ». Il ajoute que le dictateur syrien «ne sera jamais tenu pour responsable [de la destruction du pays] » et que « l’Iran sera en Syrie pour y rester ». « Voilà la nouvelle réalité que nous devons accepter et nous n’y pouvons pas grand-chose », déclare-t-il également.