Taïwan: face à la présidente sortante, le candidat nationaliste tire sur la corde populiste

Par Alice Hérait

« Catastrophe » pour ses opposants, « sauveur » pour ses partisans, le candidat nationaliste Han Kuo-yu suscite controverses et polémiques, multipliant gaffes et saillies sexistes et racistes. Il vante ses origines populaires, rompant avec la tradition élitiste de son parti, le Kuomintang (KMT).

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Kaohsiung (Taïwan), envoyée spéciale.– « Han Kuo-yu président ! Han Kuo-yu président ! » Ce 22 décembre 2019, à la sortie du train qui relie Kaohsiung, troisième ville de Taïwan, dans le sud du pays, aux autres grandes cités, l’agitation des marcheurs venus soutenir leur candidat à la présidentielle rend quasiment inaccessible l’accès au métro. Il faut plus d’une heure pour rejoindre l’événement, pourtant situé à trois stations. Les supporteurs brandissent des drapeaux rouges et bleu : les couleurs de la République de Chine – héritière de celle fondée sur le continent en 1912 et ayant trouvé exil en 1949 sur l’île de Taïwan après la défaite des troupes du Kuomintang (KMT) face aux communistes –, qu’ils sont venus « défendre » et de leur parti, le KMT. « Han est un ange tombé du ciel ! Il est comme Jésus, comme Bouddha », s’exclame surexcitée une journaliste retraitée, qui donne son prénom anglais, Virginia.