Jorge Lago: «Il y a un Podemos qui ne va jamais gagner»

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Il n’y a pas eu de réconciliation entre les chefs dans la dernière ligne droite. Podemos aborde le deuxième congrès de sa jeune histoire en ordre très dispersé. L’issue de la réunion, samedi et dimanche à Madrid, est incertaine. Des observateurs de mauvais augure prédisent déjà le « chaos » à partir de la semaine prochaine pour le mouvement anti-austérité, arrivé en troisième position aux législatives de 2015 comme de 2016.

La réunion a pour nom de code « Vistalegre II », deux ans et demi après l'assemblée fondatrice qui s'était tenue dans la salle omnisports de Vistalegre, dans le sud de Madrid, qui avait doté le parti de ses premiers statuts (Mediapart y était). Cette fois, l’ambiance devrait être plus tendue. La réélection de Pablo Iglesias comme secrétaire général ne fait guère de doute. Mais c’est l’élection du conseil citoyen – une direction élargie de 81 membres – qui provoque des remous. Pas moins de quatre listes s’y affrontent : Podemos para todas (portée par Iglesias), Recuperar la ilusión (la liste du numéro deux, Íñigo Errejón), Podemos en movimiento (la liste des « anticapitalistes », emmenée par l’eurodéputé Miguel Urbán) et enfin une liste d’indépendants, Podemos en equipo.

Mediapart a déjà décrit en détail cette violente bataille au sein de Podemos. Son secrétaire général défend un rapprochement du parti avec les mouvements sociaux, quand son numéro deux parie, lui, sur une forme d'opposition au PP (la droite au pouvoir) depuis le Congrès, quitte à se rapprocher des socialistes du PSOE. Qui détiendra la majorité, à l’issue du congrès ? Pablo Iglesias a prévenu qu’il refuserait le secrétariat général s’il perdait l’élection au conseil citoyen. Mais Errejón, lui, assure qu’il ne veut pas du secrétariat général… Dans le même temps, Luis Alegre, l’un des cofondateurs de Podemos, qui avait pris du recul ces derniers mois, est sorti de son silence pour dénoncer « l’équipe de conspirateurs » autour d’Iglesias, dans une tribune cinglante intitulée « Que se passe-t-il dans Podemos ? ». Pour ne rien arranger à cette ambiance délétère, Carolina Bescansa (cofondatrice, responsable des sondages) et Nacho Álvarez (secrétaire à l’économie) ont démissionné avec fracas de la direction, en amont du congrès. « Il faut en finir avec cette telenovela de machos alpha à laquelle je participe aussi », s'agace de son côté l'eurodéputé Urbán.