Jean-Michel Severino: «Les besoins d'investissement en Afrique sont énormes»

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Alors que les Etats-Unis et l'Europe veulent croire à la reprise imminente de leur économie, où en sont les pays du Sud? Dans un entretien à Mediapart, Jean-Michel Severino, patron de l'Agence française de développement (AFD), défend une approche résolument optimiste des choses. De l'offensive de la Chine en Afrique aux ravages de la crise alimentaire, passant par l'énième retour de la taxe Tobin, il explique pourquoi il ne faut surtout pas désespérer du Sud en ces temps incertains.

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Jean-Michel Severino est à la tête de l'Agence française de développement (AFD - présentation sous l'onglet Prolonger) depuis 2001. Passage en revue, avec ce fin observateur des pays du Sud, des conséquences de la crise sur les régions les plus pauvres de la planète. En mode résolument optimiste.
Séisme financier, désordre alimentaire, impasse climatique: l'enchevêtrement des crises accélère-t-il la montée en puissance des grands émergents à l'échelle de la planète?
La planète connaît un processus de multipolarisation annoncé de longue date. La Chine, l'Inde et le Brésil, et peut-être d'autres émergents, comme l'Afrique du Sud voire l'Indonésie, occupent une place considérable. A la fois parce que leur Produit intérieur brut (PIB) et leur force de frappe en terme de devises les rendent incontournables. Mais aussi parce qu'ils sont les producteurs de maux publics, comme de solutions indispensables à la planète. C'est le cas par exemple du réchauffement climatique. Aujourd'hui, on ne résoudra pas cette question sans les grands émetteurs que sont l'Inde, le Brésil et la Chine. Alors qu'il y a dix ans, quasiment tous les grands problèmes globaux étaient réglés au sein du G-7 ou du G-8. Aujourd'hui, la crise économique agit plutôt comme un révélateur institutionnel que comme un révélateur de substance. A l'occasion du G-20, des actes politiques ont été posés. On voit désormais ces pays émerger. Mais tous les éléments de fond de ce positionnement étaient déjà inscrits depuis des années.
On débat de la reprise aux Etats-Unis et en Asie. Tandis que l'Afrique, qui n'est pour rien dans le déclenchement de la crise, pourrait être la plus touchée, en bout de chaîne. Sera-t-elle la grande perdante?