Le chef de l'opposition libéré, ses partisans devant chez lui

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Le chef du principal mouvement d'opposition cambodgien, Kem Sokha, 65 ans, a été libéré sous caution après avoir passé plus d'un an en prison sur des accusations de trahison, a annoncé lundi un porte-parole du gouvernement.
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PHNOM PENH (Reuters) - Le chef du principal mouvement d'opposition cambodgien, Kem Sokha, 65 ans, a été libéré sous caution après avoir passé plus d'un an en prison sur des accusations de trahison, a annoncé lundi un porte-parole du gouvernement.

Plusieurs centaines de ses partisans se sont rassemblés devant son domicile.

"Il a été libéré sous caution et il est sous contrôle judiciaire", a déclaré le porte-parole, Phay Siphan.

Selon Kem Monovithya, la fille de Kem Sokha, son père a été placé en résidence surveillée. Elle précise qu'il est en mauvaise santé avec un taux de glycémie élevé et qu'il a aussi besoin d'une opération à l'épaule gauche.

Kem Sokha, dirigeant du Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), désormais dissous, était emprisonné depuis septembre 2017 pour des accusations de trahison. Il était depuis lors en détention provisoire dans une prison isolée près de la frontière du Cambodge avec le Vietnam.

Le Premier ministre, Hun Sen, était sous pression pour libérer Kem Sokha après les élections législatives de juillet, remportées par son parti, le Parti du peuple cambodgien (PPC), désormais seul représenté au parlement.

Le PSNC a été dissous l'année dernière par la Cour suprême et 118 de ses membres ont été privés de leurs droits civiques pour une durée de cinq ans.

L'ancien président du PSNC, Eng Chhai Eang, et l'ancienne vice-présidente, Mu Sochua, ont confirmé le retour de Kem Sokha à son domicile.

Des centaines de supporters et de journalistes se sont rassemblés devant sa maison à Phnom Penh. Les portes sont restées fermées. Un de ses avocats a déclaré que, "dans ces circonstances", l'opposant ne pouvait pas rencontrer ses partisans pour l'instant.

Quatorze opposants du gouvernement ont été libérés de prison le mois dernier. Certains y ont vu un geste d'apaisement après les critiques venues de l'étranger concernant les élections.

Dans le même esprit, les Parlementaires de l'Asean pour les droits de l'homme (APHR) ont déclaré que la libération sous caution de Kem Sokha, intervenue seulement après le renforcement du contrôle du gouvernement sur le Parlement après une élection "bidon", était une tentative de Hun Sen de "légitimer l'illégitime".

"Nous nous félicitons de la libération de Kem Sokha, mais c'est loin d'être tout ce qui est nécessaire", déclare Charles Santiago, président de l'APHR, dans un communiqué. "Alors qu’il ne reste qu'un seul parti politique au parlement et aucune opposition viable, et tant que des élections libres et honnêtes n'auront pas lieu, la communauté internationale doit continuer à considérer ce gouvernement pour ce qu'il est : une dictature."

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