Helmut Schmidt : mort du chancelier des années de plomb

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Contre toute attente, l’ex-chancelier qui s’est éteint cet après-midi à Hambourg, est considéré comme le plus important chancelier d’après-guerre par ses compatriotes. Sans doute pour avoir été, tant bien que mal, le garant du passage de la jeune démocratie ouest-allemande d’une Allemagne post-nazie à une Allemagne européenne. 

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Berlin, de notre correspondant.- Le fumeur le plus populaire d’Allemagne s’est éteint mardi 10 novembre dans sa villa de Hambourg, à l’âge de 96 ans. Bien que d’apparence vénérable, le ton et le regard pénétrants de Helmut Schmidt, doublés de l’indélébile odeur de nicotine qui l’enveloppait, ne le prédestinaient pas forcément à être le chancelier préféré des Allemands. Contrairement à Konrad Adenauer, le reconstructeur, à Willy Brandt, le charismatique passeur de frontières est-ouest, ou encore à Helmut Kohl, le réunificateur, Schmidt n’a pas non plus marqué l’histoire de l’Allemagne par un grand fait d’armes historique. Et pourtant, dans un sondage réalisé en 2013 par le magazine Stern sur les chanceliers allemands ayant compté le plus dans l’histoire d’après-guerre, c’est bien lui qui arrivait en tête du classement avec 5 points d’avance sur Adenauer !