Notre rencontre avec Julian Assange

Par et
Mediapart devient partenaire de WikiLeaks. Nous vous proposerons des enquêtes à partir des milliers de télégrammes diplomatiques américains. Dans le manoir où il est assigné à résidence en attendant le dénouement de la procédure d'extradition engagée à son encontre par la Suède, nous avons rencontré le porte-parole de WikiLeaks, Julian Assange, qui s'explique longuement sur sa démarche dans un entretien vidéo et texte.
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Ellingham Hall, de nos envoyés spéciaux

La psychologie contre la politique, l'anecdote plutôt que l'essentiel, les caractères individuels plutôt que les engagements collectifs... Autour d'un thé ou d'un verre de Cognac, le vrai Julian Assange commente avec ironie le personnage de fiction qu'il lui semble être devenu ces jours-ci.

Mediapart nouveau partenaire de WikiLeaks © Mediapart

Le New York Times et le Guardian ont longuement raconté leur relation avec le fondateur de WikiLeaks, montrant leur embarras face à une «source» aussi inhabituelle qu'inclassable (le NYT l'explique ici, et le Guardian ici). A grand fracas, son ancien compère Daniel Domscheit-Berg, parti en septembre 2010, publie un livre – Inside WikiLeaks, dans les coulisses du site internet le plus dangereux du monde (extraits ici) pour y décrire un Julian Assange «libre penseur, énergique, génial, parano, avide de pouvoir, mégalo». Beaucoup d'adjectifs, beaucoup de psychologie donc.

Julian Assange dérange, au point qu'on lui promet le prix Nobel de la Paix comme l'enfer de Guantanamo... Car il n'entend pas être seulement une source mais se veut aussi un nouvel acteur du paysage médiatique mondial, bousculant ses vieilles institutions, posant ses conditions éditoriales et modifiant les anciennes règles. Bref, revendiquant sa liberté, une liberté impétueuse et imprévisible.

Il est à l'origine du plus énorme séisme journalistique de notre monde global: la déstabilisation de l'hyperpuissance américaine, rapidement concrétisée par l'ébranlement de régimes autoritaires, jusqu'alors garants intouchables de l'ordre occidental sur le monde et mis à nu par les jugements peu amènes des diplomates américains.

Ellinham Hall. © (dr) Ellinham Hall. © (dr)
Nous sommes à Ellingham Hall, et le soir est tombé. Situé à la limite du Norfolk, au nord-est de Londres, non loin des côtes de la mer du Nord, ce manoir campagnard du XVIIIe siècle est le repaire forcé d'Assange. Il y est assigné à résidence par la justice britannique, obligé de pointer au commissariat local tous les jours à heure fixe, dans l'attente des suites de la demande d'extradition formulée par la justice suédoise.

Elle veut l'entendre à la suite d'une plainte pour viol et agression sexuelle qui a brusquement transformé en cible l'homme dont les révélations, échelonnées depuis le début de l'année 2010, affolent Washington. Après plusieurs jours d'audience, un tribunal de Londres doit se prononcer ce vendredi, les parties en présence ayant déjà annoncé leur intention de faire appel.

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Cette rencontre a eu lieu lundi 31 janvier.