Le Brésil « risque de revenir 50 ans en arrière »

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São Paulo (Brésil), de notre envoyée spéciale.- Quand elle a débarqué à São Paulo flanquée de sa fille de 14 ans, il y a sept ans, Silmara Silva n’avait qu’une valise. Apprentie coiffeuse, elle abandonnait la vie paisible de l’État de Rondônia, dans le nord amazonien du pays, pour une formation dans la métropole économique. « Je voulais devenir spécialiste de la coloration de cheveux », raconte-t-elle, en montrant sa chevelure rouge vif. Elle réussit, mais développe, en janvier dernier, une violente allergie aux produits chimiques inclus dans les colorations. « Tout est allé très vite : j’ai perdu mon emploi, et j’ai dépensé toutes mes économies pour me soigner ; deux mois plus tard, je ne pouvais plus payer mon loyer », soupire-t-elle. Une amie lui parle d’un immeuble squatté par un groupe de sans-domicile fixe, à Pinheiros, un quartier chic à l’ouest de São Paulo. Mère et fille s’y rendent rapidement. Depuis, Silmara est devenue une militante active du mouvement, aidant même des réfugiés palestiniens et syriens à trouver place dans d’autres immeubles occupés de la ville. « Ma famille me juge mal, ils ont l’impression que je fais quelque chose d’illégal, moi, je prends conscience de la solidarité et de l’injustice comme jamais je ne l’avais fait auparavant », relate-t-elle dans un squat où elle coordonne le quotidien de 60 familles dans le quartier de Liberdade, au centre de São Paulo.