En Espagne, Pablo Iglesias garde le contrôle de Podemos

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On avait déjà entendu L’Estaca, cet hymne catalan antifranquiste et ode à la liberté, en début de semaine. Des centaines d’indépendantistes l’avaient fredonné dans les rues de Barcelone en soutien à l’ancien président de la Catalogne, Artur Mas, à l’ouverture de son procès en désobéissance civile. Ce dimanche, ce sont des milliers de militants de Podemos qui se sont mis à le chanter en clôture de leur congrès à Madrid, à l’issue du discours de Pablo Iglesias, grand vainqueur de cette « assemblée citoyenne » qui s’annonçait à haut risque.

Le professeur de sciences politiques, 38 ans, a été confirmé comme secrétaire général du mouvement anti-austérité (89 % des quelque 144 000 suffrages valides). Ce score n’est pas une surprise, puisque Iglesias était opposé à un seul candidat sans véritable appui en interne, ni envergure. Mais le numéro un de Podemos a également remporté la consultation sur les documents stratégiques et, surtout, celle sur la composition du « conseil citoyen », un collectif de 81 membres, dont 62 devaient être renouvelés lors du congrès.

La liste d’Iglesias a remporté 60 % des postes du conseil citoyen à pourvoir, contre 36 % pour la liste de son principal concurrent, le numéro deux du parti Íñigo Errejón. Quant aux anticapitalistes emmenés par Miguel Urbán, ils n’arrachent que 3 % des sièges (deux conseillers à peine), malgré un score honorable en nombre de voix (8,9 %). Ils pâtissent d’un mode de scrutin – mis au point par les partisans de Pablo Iglesias – qui favorise fortement la liste arrivée en tête.

Les observateurs s’attendaient à un score plus serré, notamment parce qu’une votation préalable sur la méthodologie du congrès, réalisée en décembre 2016, avait donné Iglesias et Errejón au coude à coude, aux alentours de 40 %. Or, Iglesias avait prévenu qu’il quitterait toutes ses fonctions s’il ne remportait pas aussi l’élection du « conseil citoyen ». Ce qui faisait courir le risque d’un parti sans chef à l’issue du congrès puisque Errejón, de son côté, n’était pas candidat au secrétariat général.