Au Brésil, l’opération anticorruption frappe de plein fouet le pouvoir

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Rio de Janeiro (Brésil), de notre correspondant.– « Que Dieu ait pitié de notre nation. Je vote oui. » En moins de 10 secondes, Eduardo Cunha, tout-puissant député évangéliste, justifie son vote en faveur de l'impeachment de Dilma Rousseff, qu'il a largement contribué à rendre possible. Ce 17 avril 2016, cette phrase banale reçoit un tonnerre d'applaudissements dans l'hémicycle surchauffé de la chambre des députés. Un an plus tard, le 30 mars, l'ancien président de la chambre est condamné à 15 ans de prison dans le cadre de l'opération Lava Jato (lavage express). Il tombe pour avoir touché, en 2011, une commission de 1,5 million de réis (500 000 euros) lors de l'achat d'un puits de pétrole au Bénin, dont l'entreprise Petrobras n'a jamais extrait une seule goutte d'or noir.