Les révélations de Seymour Hersh sur l'assassinat de Ben Laden sont à prendre au sérieux

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Le vétéran américain du journalisme d'investigation livre dans un long article une version différente de ce qui s'est passé en mai 2011 à Abbottabad, quand le leader d'Al-Qaïda a été tué par un commando américain. Son récit est crédible et informé, autant en tout cas que celui fourni jusqu'ici par la Maison Blanche.

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En mai 2011, lorsque la Maison Blanche a annoncé la mort d’Oussama Ben Laden, abattu dans sa villa d’Abbottabad au Pakistan par un commando des Navy Seals, l’exécutif américain a rapidement livré sa version de l’opération. Elle était un peu confuse au départ puis, au bout de quelques jours, elle s’est rapidement figée dans l’histoire tenue pour acquise jusqu'à aujourd’hui : une longue traque menée par la CIA, pendant des années, grâce à des informations obtenues de la part de prisonniers liés à Al-Qaïda (torturés ou pas, les versions divergent) ; une observation méticuleuse de la villa aboutissant à la « forte probabilité » de la présence de Ben Laden reposant notamment sur les observations d’un médecin chargé de vaccinations ; la décision « audacieuse » de Barack Obama de déclencher un raid plutôt qu’un bombardement ; la mission nocturne des Navy Seals pénétrant clandestinement au Pakistan à bord d’hélicoptères furtifs ; le crash d’un des hélicoptères ; l’assaut de la villa en aveugle ; la mort de Ben Laden après qu’il eut tenté de s’emparer d’une arme ; le retour des commandos en Afghanistan ; le transfert de la dépouille du chef terroriste sur un navire américain et son enterrement en mer d’Arabie ; la colère des Pakistanais, irrités de la violation de leur espace aérien et d’un raid militaire sur leur sol.