Toujours pas de président en Catalogne, nouveau vote lundi

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Quim Torra, le candidat des indépendantistes à la présidence de la Généralité de Catalogne, n'a pas obtenu samedi la majorité absolue au Parlement de Barcelone pour être élu dès le premier tour à la tête de l'exécutif catalan.
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BARCELONE (Reuters) - Quim Torra, le candidat des indépendantistes à la présidence de la Généralité de Catalogne, n'a pas obtenu samedi la majorité absolue au Parlement de Barcelone pour être élu dès le premier tour à la tête de l'exécutif catalan.

Quim Torra, qui devait recueillir 68 voix sur 135, a réuni 66 suffrages, un résultat sans surprise, car les quatre députés indépendantistes anticapitalistes de la CUP (Candidature d'unité populaire) avaient annoncé qu'ils ne voteraient pas pour lui.

Quim Torra, dont la candidature a été proposée jeudi par le président destitué de Catalogne Carles Puigdemont, a toutefois encore une chance d'être élu lundi lors du second tour, où il n'aura plus besoin que d'une majorité relative. Il faudra pour cela que les élus CUP ne votent pas contre sa candidature.

La CUP se réunira dimanche pour arrêter une consigne de vote.

Dans un discours d'une cinquantaine de minutes lors du débat d'investiture devant le Parlement régional, Quim Torra a promis samedi de travailler "sans relâche" à la constitution d'une République catalane tout en se disant ouvert à un dialogue avec Madrid.

"Nous serons fidèles au mandat du (référendum du) 1er octobre: construire un Etat indépendant sous la forme d'une république avec un programme gouvernemental pour la cohésion sociale et la prospérité économique de la Catalogne", a-t-il dit.

Agé de 55 ans, Quim Torra, avocat, écrivain et éditeur, est un député de Barcelone peu connu du grand public. Il est proche de Carles Puigdemont, qui vit à Berlin dans l'attente de l'issue de la procédure d'extradition lancée par Madrid.

Puigdemont et les autres figures du mouvement indépendantiste catalan sont poursuivis par la justice espagnole pour sédition, rébellion et détournement de fonds publics.

"Aujourd'hui, je ne devrais pas être ici, ce devrait être le président légitime de la Catalogne, Carles Puigdemont", a poursuivi Quim Torra, ajoutant que son mandat, s'il est investi, serait "provisoire" et qu'il viserait à rétablir Puigdemont à la présidence de la Generalitat.

LE GOUVERNEMENT RAJOY PROMET D'ÊTRE "TRÈS VIGILANT"

Dans un communiqué, le gouvernement espagnol a estimé que le discours de Torra était "sectaire" et appartenait "au passé". Le gouvernement de Mariano Rajoy ajoute qu'il sera "très vigilant" face à toute initiative illégale ou "en violation de notre cadre constitutionnel".

Les indépendantistes catalans ont organisé le 1er octobre dernier, malgré l'interdiction du gouvernement central espagnol, un référendum d'autodétermination. La consultation, qui s'est déroulée sous forte tension, a débouché sur une victoire du "oui" avec 90% des suffrages et une participation de 43% des inscrits.

Quatre semaines plus tard, le Parlement de Barcelone a adopté une déclaration unilatérale d'indépendance conduisant le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, à annoncer la destitution de l'exécutif autonome de Catalogne, la dissolution du Parlement régional et la tenue d'élections anticipées.

Ces nouvelles élections, le 21 décembre dernier, ont reconduit, en sièges, une courte majorité indépendantiste.

Les députés catalans n'ont plus que dix jours, jusqu'au 22 mai, pour constituer un gouvernement et éviter un retour aux urnes.

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