La mémoire oubliée des Allemands du Danube

Par Jean-Arnault Dérens, Laurent Geslin et Simon Rico
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L'article est pourtant assez clair: ces "allemands" venaient de différentes régions, y compris l'Alsace et la Lorraine, après un traité de paix signé entre l'Autriche-Hongrie et l'Empire Ottoman.

Pour ce qui est de l'intégration, ils précisent que tout le monde en Voïvodine parlait au moins 3 langues.

« Défiants à l’égard du nouveau pouvoir monarchiste et centralisateur de Belgrade, les Allemands de Yougoslavie furent bien vite travaillés par la propagande hitlérienne. Ils accueillirent souvent avec des manifestations de liesse l’arrivée des troupes allemandes, même si les régions où ils vivaient furent en bonne part réunies aux zones d’occupation hongrois »

Tout s'explique ! Il faut lire l'article en profondeur pour ne pas tomber dans un travers douteux. Oui l'article est clair y compris dans la prise de position des allemands "colons".

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

"""Pourquoi ne s'étaient-ils pas "intégrés" ?"""

Ben pour qu'ils en soient encore là, c'est bien la preuve qu''ils ne se sont jamais intégrés aux autres populations.

On peut trouver une certaine similitude avec les promesses faites aux Pieds-noirs d’Algérie et finalement la même issue qui est advenue quelques générations plus tard:

« Des émissaires autrichiens ont visité le pays de Bade, mais aussi la Bavière, l’Alsace, la Lorraine, invitant les gens à partir, en promettant que des terres leur seraient données, qu’ils ne paieraient plus d'impôts et n’auraient plus à faire la guerre »

Enfin,  le problème des Sudètes n'est jamais évoqué dans cet article, pourtant il me semble qu'il s'agit bien de la même histoire dont les Allemands du Danube ne sont qu'une partie?

Non car les Allemands de Bohême étaient présents dans les pays tchèques dès le Moyen Âge.

Voici un article qui nous change de ceux consacré au P.S..

Dans un livre de Claudio Magris il est dit - en substance- qu'en regardant les noms sur les boîtes aux lettres on s'aperçoit qu'il y a plus d'Allemands à Prague que de Tchèques ; et plus de Tchèques à Vienne que d'Allemands.

Chiasme parfait qui nous invite à nous pencher sue la Mitteleuropa pour comprendre l'importance historique de l'influence culturelle germanique dans cette région ( il est question ici de culture et non uniquement de bruits de bottes). Comment comprendre sinon que dès la chute du Mur Skoda soit naturellement tombée dans l'escarcelle de VAG, et non de Renault ou de Peugeot ?

 

"L'Orient commence à Vienne " se plaisait à rappeler Metternich !

Dans un livre de Claudio Magris il est dit - en substance- qu'en regardant les noms sur les boîtes aux lettres on s'aperçoit qu'il y a plus d'Allemands à Prague que de Tchèques ; et plus de Tchèques à Vienne que d'Allemands.

Vous voulez sans doute dire qu'il y a plus de noms allemands que de noms tchèques à Prague, plus de noms tchèques que de noms allemands à Vienne.

De la même manière que, sur les boîtes à lettres de Marseille, il y a plus de noms italiens (un habitant sur trois a des ascendances italiennes), arméniens et maghrébins que de noms provençaux. Et alors ?

"Et alors" ?

Rien de plus que ce que j'écris dans mon commentaire : la civilisation danubienne de par son histoire et sa géographie est un perpétuel mélange des peuples. Pour le pire et le meilleur.

D'où l'idée que je ne vois pas matière à polémique dans le fait que le substrat germanique de la Voivodine et d'ailleurs cultive ses racines ; et qu'à mon humble avis - qui n'engage que moi - on ne saurait y voir des colonies invasives de peuplement sournois.

C'est tout.

Renault à tout fait pour échouer dans la reprise de Skoda.

Skoda, la marque que Renault aurait (vraiment) dû racheter ...

https://www.challenges.fr/.../skoda-la-marque-que-renault-aurait-vraiment-du-racheter_3...

25 sept. 2014 - Skoda expose au Mondial sa concurrente de la Clio et de la 208. Propriété de Volkswagen qui l'a reprise en 1991 à la barbe de Renault, ..

Quelle confusion ! Lisez le blog histoirespolonaises.blogspot.fr vous y troverez bcp d'informations quant à la Galicie dans l'article Le triangle volhynien. Vous confondez la Silésie autrichienne de Cieszyn/Tešen cf Wikipedia avec la Ruthénie annexée par lURSS et donnée à l'Ukraine. La Leopol polonaise s'appelle Lwów cf Larousse de 1928.

A quand l' article de Médiapart sur la "mémoire oubliée" des Allemands des Sudètes ? Et pendant que vous y êtes celle des pauvres Boers d'Afrique du Sud ? Avant j'aura résilié mon abonnement.

Ce n'est pas taisant l'Histoire que l'on fera disparaître les maux dont elle est la cause.

Je ne pousserai pas le déterminisme jusqu'à "l’historicisme" dont Karl Popper a fait la critique, mais en gros on ne peut nier qu'une partie non négligeable du présent a des liens de causalité avec le passé. Même si cela ne permet par de prédire le futur en argumentant sur un soi-disant "fil de l'Histoire".  

Donc, merci à Médiapart pour ce billet.

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  • 13/08/2017 11:06
  • Par

Il semble que je me sois trompé ! En 1939 ce n'est pas la Pologne comme je le pensais ( et l'a ecrit) qui a annexé l'Ukraine dite sub-carpathique  mais la Hongrie A propos de Hongrie ce pays qui faisait partie de l'Autriche-(Hongrie) fut du mauvais coté pendant et après la guerre de 14-18 et le traité de Versailles fut  sévère avec elle en attribuant aux pays voisins (Roumanie,Serbie notamment) des portions de territoire pourtant majoritairement peuplées de Hongrois )Du coup la Hongrie se retrouva en 39-45 là encore du mauvais coté !

Magnifique travail qui est pour moi ce que doit être un récit documentaire à la croisée de l'investigation et du journal de voyage, dans une langue belle et sensible.

Je ne peux que renvoyer au livre de Claudio Magris, un universitaire doublé d'un poète ( oui, je sais, c'est là oxymore) qui parle de cette civilisation danubienne, melting pot et patchwork qui au fil de la Donau, de la Duna, de la Dunaj s'est mélangée dans un multi culturalisme, un poly linguisme  fascinant. Je ne peux que remarquer aussi au passage qu'au nom des intérêts supérieurs et des lendemains qui chantent les grands de ce monde déplacent, parquent, domestiquent, torturent, massacrent des êtres aimantés par la beauté du fleuve.

N'est-ce pas dans un film de Kusturica qu'on voit ce plan sublime d'un cerf dans la lumière du petit matin dans la solitude éblouissante des bords du fleuve majeur ?

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  • 13/08/2017 16:17
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C'est pour quand la mémoire oubliée des """Français""" du Val d'Aoste ? Des Italiens de Tende-La-Brigue ? Etc. Je pense que le problème des insulaires des Chagos est beaucoup plus brûlant et révoltant.

Sans oublier les prétentions séparatistes des frioulans ; l'identité corse représentée par leurs élus . J'aime bien l'histoire des minorités ethniques et linguistiques, à l'heure où le breton et le provençal ne semblent plus guère si vaillants.

En parlant de CORSE, que serait l'Ile sans les pompiers du continent et leurs canadairs qui luttent sans compter contre leurs incendies ? J'dis ça, j'dis rien. foot-in-mouth

Parcequ'il faut bien un tatillon, on ne dit pas les moissons battent "leur plein" (qui ne veut rien dire) mais les moissons battent son plein. C'est le son sonore ;) Mais cela n'enlève rien à la qualité de l'article.
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  • 14/08/2017 13:03
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Article intéressant. Il ne traite d'ailleurs qu'une partie du sujet des allemands implantés en dehors de l'Allemagne , ou plus exactement des communautés germanophones  expatriées avant la création de l'Allemagne de Bismarck ). Il y en avait beaucoup , y compris en URSS. Par exemple le père du pianiste Sviatoslav Richter (né à Jitomir en Ukraine en 1915 et mariée à une ukrainienne russophone) était chef d'orchestre à Odessa (et a été tué après l'invasion allemande de 1941). Tous ces gens plus ou moins assimilés ont été soit tués , soit déportés , soit renvoyés en Allemagne après 45. Autre exemple qui montre l'enchevétrement des destins au fil des siècles ; le père de Chopin était un Français qui vivait à Varsovie etc.

Fort intéressant, je suis d'accord avec vous. J'attends avec impatience un article de la même qualité sur ces centaines de milliers d'allemands installés au 18ème siècle sous les auspices de Catherine la Grande -une allemande- au sud de la Volga, et pas seulement, d'où la blague circulant à Saint Petersbourg chez les nobles russes : "je parle en francais à mes maîtresses, en allemand à mes soldats, et en russe à mon cheval"! Sujet d'autant plus intéressant qu'on sait l'admiration d'Angela Merkel pour cette compatriote, dont un portrait orne son bureau...

On aura vraiment tout lu sur ce site! Les méchants sudètes? Les affreux polonais? Les horribles russes? 

Vous les payez, les mecs qui écrivent ça?

Ah! Ces horribles nordistes qui voulaient libérer le esclaves!

Vercingétorix était vraiment un voyou...

Clémenceau, au poteau!

C'est marrant: sur Mediapart, lorsque je laisse un commentaire un peu aigre, pof, tout le monde cesse de baver.....

J'ai un effet stoppeur! 

Que deviendrions-nous sans vous, ô grand régulateur des fils décousus ?

Détail linguistique : ce sont des Donauschwaben et non Donauschwäben. Le tréma n'apparaît que dans l'adjectif "donauschwäbisch".

Tout çà c'est très bien...

juste qu'en 1941 la communauté allemande était majoritairement pro-nazie en Voïvodine.

Le massacre de Pancevo en est l'exemple le plus clair.

Prétextant une supposée attaque d'un cortège de la wehrmacht par des "partizans" le commandant SS de la place a fait executer des juifs et tziganes serbes.  On sait aujourd'hui que la fameuse escarmouche fut un coup monté par les volksdeutschers locaux tout acquis à la cause hitlérienne pour terroriser la population qui s'engageait dans la résistance active. Je ne parle pas ici non plus des tentatives d'octroyer au Banat très fortement peuplé de volksdeutschers une indépendance de fait sous administration nazie.

Le drame de ceux qui ne furent pas nazis est qu'ils durent quitter le pays après la guerre. C'est la guerre, c'est comme çà. Le cimetière de Pancevo existe toujours, pour ceux qui veulent savoir, y ont été placées deux plaques rappelant les noms des victimes de ces "allemands" là qui se montrèrent si zélés à jouer les bourreaux d'innocents. Les lieux n'ont presque pas changé, le mur des fusillés est aujourd'hui consolidé derrière un mur moderne, le grand arbre des pendus a été abattu, mais le portail qui donne sur la route de Vrsac est le même, saisissant. Pour effacer leur crime les autorités allemandes ont dispersé les cendres des victimes originellement regroupées dans un fosse commune dans la partie nord ouest du cimetière. Pancevo se souvient toujours aujourd'hui de çà et des bombes de l'OTAN aussi.

The Wehrmacht in action in Yugoslavia 1941 © Alley Cat

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