Srecko Horvat: «L’Europe a besoin d’une nouvelle Constituante»

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Tous les commentaires

La voie d'avenir est assurément hors des vieux schémas de pensée du 19-20me siècles car le reste du monde et la productivité du travail ont radicalement changé.

Un parti à suivre...

les européens ont été suffisamment bêtes pour perdre leur hégémonie mondiale 

Commentaire étrange et inquiétant, qui doit nous rappeler que "l'Europe puissance" a existé hors du giron anglo-américain, entre 1933 et 1945.

Qu'est-ce qui vous déplait précisément dans mon commentaire ? Je fais seulement remarquer à tous les européens qui déplorent l'hégémonie des USA que celle-ci est due aux querelles entre européens, et  qu'ils n'ont toujours pas compris leur erreur, notamment dans la période 33-45 que vous évoquez.

Je n'en disconviens pas, mais la question est de savoir que faire face à cette manipulation du projet européen. Détricoter tout et revenir aux égoïsmes nationaux ? C'est le point de vue commun de Mélenchon et Le Pen, bien qu'ils divergent sur d'autres points. J'estime que ce serait à nouveau faire l'erreur  qui a mené aux conflits guerriers, et c'est pourquoi je les renvoie dos à dos.

Mais les "Européens" dont vous parlez, qui auraient existé si je vous comprends bien avant l'unification allemande de 1871, n'ont jamais existé. Il existait une Europe des Cours, certes, qui permettait de faire de beaux mariages princiers. Le seul moyen de revenir à cette sorte d'âge d'or fantasmé que vous évoquez serait peut-être de défaire l'unification allemande, comme en 1945.

J'ai décidément bien du mal à me faire comprendre. Je dis simplement que les habitants d'un continent qui s'appelle l'Europe ne souffraient pas de l'hégémonie des USA à l'époque où le Congrès de Vienne avait réussi à ce que le continent vive à peu près en paix après les guerres napoléoniennes jusqu'en 1914 (la guerre de 1870 fut brève et limitée à 2 belligérants). Cet équilibre a été rompu, en effet parce que l'Allemagne voulait sa part du gâteau colonial, mais il faut être cohérent: on ne peut le lui reprocher que si on reproche à d'autres pays de manger de ce gâteau (c'est mon cas, il faut visiblement que je le précise). Je ne fantasme absolument pas sur cette époque de l'essor du capitalisme, je dis simplement que ce sont les querelles internes à l'Europe qui sont responsables de son malheur, et non tel ou tel pays uniquement. Ne pas vouloir tirer cette leçon conduira aux mêmes fausses pistes.

Mais en quoi souffrons nous d'une hégémonie des USA ? L'Allemagne, qui n'a pas de message universel à délivrer, a eu peu de visées coloniales en Afrique ; quelques colonies dont le Rwanda, qui lui ressemble beaucoup y compris par sa capacité à engendrer un génocide. Les visées coloniales de l'Allemagne ont surtout ciblé l'Europe elle-même, qui a envahi le continent par trois fois en seulement 70 ans. On ne peut nullement résumer cette histoire par une "dispute" entre Européens, mais plus justement par le déferlement militaire d'un système d'une grande efficacité économique. Jamais les Français n'auraient d'eux-mêmes lancé une guerre pour récupérer l'Alsace-Moselle, dont il savaient qu'il s'agit d'un morceau de l'Allemagne. Et nous avons plutôt été aidés par les USA que le contraire.

L'Allemagne, qui n'a pas de message universel à délivrer

Ah le mythe de la France, seul pays à atteindre l'universalité, nous y voilà. Je vous laisse à votre complexe de supériorité, qui ne se traite pas par un forum de discussion.

Pas le seul pays. Les Etats-Unis et la Russie ont également un message universaliste. Pas l'Allemagne. Chacun sa spécialité. Le modèle de l'Allemagne, c'est la chasse à cour : la capacité de s'organiser collectivement pour exterminer l'adversaire.

Vos propos xénophobes sont délirants et répugnants, et dignes justement de ce que les Allemands ont pu faire de pire dans leur histoire, à côté d'autres choses à portée universelle que vous ne voulez pas voir.

Il semble y avoir quelques lacunes dans votre culture historique. Mais peut-être est-ce volontaire et êtes-vous dans la continuité d'une autre tradition historique celle-là bien française. En attendant, je vous renvoie au "Discours à la nation allemande" de Johann Fichte (1808) qui définit les contours de l'anti-universalisme allemand.

A lacune, lacune et demi. Extrait de la page de Wikipedia sur ce texte de Fichte:

Ces discours sont longtemps mal interprétés comme un pangermanisme agressif. À y voir de plus près, cependant, il s'agit d'une œuvre complexe dans laquelle Fichte renouvelle ses projets éducatifs (prenant position sur des sujets concrets de pédagogie, sous l'influence de Pestalozzi) tout en déployant une réflexion originale sur la langue, qui l'amène à revoir ses premières réflexions à ce sujet (l'essai De la faculté linguistique et de l'origine du langage de 1795). Les Discours ne sauraient s'apparenter aux récupérations idéologiques dont ils ont fait l'objet bien plus tard (notamment par le Deutscher Fichte-Bund et par le Troisième Reich, qui déforma pour son propre compte la pensée de Fichte comme de nombreux autres auteurs, par exemple Nietzsche), Fichte n'ayant jamais renié ses idéaux universalistes, démocratiques et progressistes de jeunesse. Les Discours cherchent d'abord un moyen de résister à ce qu'il vit comme une agression, à savoir le risque d'une dangereuse uniformisation de la culture européenne par la France napoléonienne, et d'un écrasement des spécificités culturelles, dont la langue est l'organe le plus important.

Il n'y a pas eu que la guerre franco-prussienne dans la période que vous citez... c'est oublier les guerres de Crimée, du Schleswig-Holstein, des ambitions italiennes de Napoléon III...

Ces "récupérations" sont en effet bien malheureuses, mais comme par hasard ces thèses ont inspiré le nazisme et pas Rosa Luxembourg.

L'interprétation que vous fournissez enfonce le clou car ni pour les peuples européens, ni pour les peuples en lutte contre le colonialisme espagnol en Amérique latine, ni chez Marx et autres esprits éclairés du premier XIXe s. les idées françaises n'étaient perçues comme une menace. Autrement dit l'universalisme français n'était pas vu comme une "uniformisation" (Fichte) mais comme une porte ouverte vers l'émancipation.

Le projet national allemand était une sorte d'antithèse des idéaux de la Révolution française. Il reposait en particulier sur le critère linguistique, comme le souligne votre texte. Ce critère permettait de définir quasi-scientifiquement, d'après une sorte de nuancier, le degré de pureté de la race. Il faut ajouter à cela Hegel, qui a défini l'Etat allemand et son rapport autoritaire à l'individu. C'est très important pour comprendre le fonctionnement de l'Etat expérimental prussien, puis de l'Allemagne au XXe s. et enfin le fonctionnement de l'Union européenne à partir du traité de Maastricht.

On retrouve aujourd'hui dans l'Union européenne sous direction allemande le même genre de volonté de hiérarchiser les peuples. Le critère linguistique peut même se lire en parallèle avec le PIB de chaque pays membre : les pays de langue germanique dans la couche supérieure, groupe de pays privilégiés ; la France, pays de langue intermédiaire, qui bénéficie d'un traitement de faveur de l'Allemagne en échange de sa contribution à l'écrasement des pays du sud ; enfin, les pays de langue latine, placés dans la catégorie des pays inférieurs, condamnés pour l'éternité à de drastiques "réformes structurelles" et à se séparer de leurs élites inutiles qui sont mises au travail au service de l'économie allemande.

J'avais écrit "à peu près en paix".  Les contre-exemples que vous citez ne se comptent pas en millions de morts  comme ce fut le cas des guerres napoléoniennes et de 14-18.

"C'est le point de vue commun de Mélenchon et Le Pen"

Les Le Pen disent n'importe quoi pour gagner des voix et faire de l'argent.

Et même avec le n'importe quoi, le FN ne disait pas du tout la même chose que ce que propose LFI.

Afin de forcer la main à l'UE, LFI menaçait : ou on change d'orientation UE ou la France sort. Le but n'est pas de sortir de l'UE mais de sortir de la dictature UE pour ne plus êtres contrôlés par des intérêts financiers internationaux. L'importance de la France aurait fait plié si le président n'était pas un collabo des multi-nationales comme les précédents.

De plus, l'UE n'est pas l'Europe.

 

Ce commentaire a été dépublié par son auteur.

dans le mille! reco et merci

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  • 13/09/2017 10:14
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Et si, .....et si nous citoyens du monde prenions les choses en mains en créant un groupe de réflexion sur les choses de l"économie" en laissant de coté ceux qui ne sont que capables de répéter ce qu'ils ont appris.

  • Réflexion sur la base même de la création de la monnaie.
  • Réflexion sur l'économie qui consomme ce qui ne se régénère pas et économise ce qui se régénère (la main d’œuvre par ex.
  • Laisser produire des produit de M... qui vont finir sur les tas de poubelle ou au fond de la mer.
  • Revoir la TVA, conflit d’Intérêt notoire. En effet l'état à tout intérêt à ce que l'on consomme (pollution) afin de remplir ses caisses tout en nos faisant croire qu'il lutte contre le réchauffement climatique.
  • Une réflexion sur notre monde à 10, 30 ou 50 ans avec une croissance continue.
  • Idem pour cette démographie, que feront nous quand nous seront un habitant au M² ?
  • ....

 

Alors, on arrête de pleurnicher, on se réunis et on y va, Chiche ???

Mais sans faire de politique. Le bon sens paysan et la générosité suffiront.

Et le tout sur une base AFAQ (association Francaise d'assurance qualité) qui à su améliorer la qualité de nos produits)

 

Une vision très sympathique... Mais je crains que vous ne vous fassiez quelques illusions sur le "bon sens paysan" ( regardez seulement comment votent les paysans européens... et ceux d'ailleurs ) !

J'ai parlé de bon sens paysan, par d'industriel de l'agriculture.

C'est sympa, mais "sans faire de politique", ça ne veut rien dire. L'organisation de la société, de l'économie dans toutes ses dimensions, est forcément politique. C'est même exactement cela qu'on appelle politique.

Quant au "bon sens", ce n'est pas le même pour tout le monde...

C'est pas les "industriels de l'agriculture" qui font les millions d'électeurs ruraux européens qui promeuvent partout les partis de la droite, voire de la pire... Puisque vous parlez de "bon sens paysan", c'est l'occasion de revenir sur terre !

Vous n'avez rien compris et confondez tout.

 

"Une nouvelle constituante"?!?!

C'était quand la précédente?

La mode est à la constituante, en ce moment... Nos intellectuels politiques souffriraient-ils d'un manque de robustesse ?

Je posais cette même question il y a 2-3 ans, on m'a hautement répondu "En 46, pourquoi ?"... Morgue hypocrite, quand tu les tiens. Comme si l'on ne faisait pas la différence entre une Constituante impliquant les citoyens et une formelle carambouille de hiérarques...

  • Nouveau
  • 13/09/2017 11:23
  • Par

L'Europe ? Je l'e _ _ _ _ _ _

FRexit !

  • Nouveau
  • 13/09/2017 12:41
  • Par

Mais où donc est le "philosophe" ?

Le seul éclair de lucidité que je vois dans ce ramassis de généralités désordonnées, c'est une certaine conscience de la dimension géopolitique de l'Union européenne...bravo !

 

Junker (le gangster), les commissaires, et toute la clique de non-élus doit avant toute chose être débarquée et éventuellement tous ces gens devraient être emprisonnés pour collusion avec la finance frauduleuse et les spéculateurs banksters!

... et haute trahison, quand on se met au service d'intérêts étrangers et privés, et qu'on brade les intérêts du pays a des puissances extérieures, ça rentre bien dans ce cadre.

Je check : Thomson c'est déjà fait... Airbus c'est pour quand ? Ah, bientôt : les manœuvres de déstabilisation, de décrédibilisations et "d'acceptation" ont déjà commencées. 

Finalement, il n'y a que Areva dont personne ne veut... bizarre, bizarre...

l'Europe ?, c'est bientôt fini, il suffit de regarder sombrer le navire pour s'en rendre compte. 

Le bulldozer européiste poursuit immanquablement, partout dans les médias notamment, la casse de la souveraineté des peuples.

Et il se trouve pas mal de « radicaux » pour n'y voir pas malice, sinon juste pour dénoncer qu'il s'agit d'une construction par le bas.

Tous sont favorable à un monde transnational après qu'il leur a été imposé par l'idéologie libérale mondialisée, sans comprendre en quoi le rapport de forces entre les classes va dès lors continuer de se dégrader, puisque les conditions de la citoyenneté (notamment sociale) s'en trouvent d'ores et déjà explosées.

Une erreur funeste, dont la preuve est chaque jour démontrée depuis l'Acte unique de 1986.

Le socialisme n'est plus leur perspective, celui-ci est devenu un vain mot de rhétorique. Mais ni une stratégie ni un but.

Les dé-mondialisateurs assument eux les souverainetés nationales, sur les bases desquelles les peuples peuvent reprendre leurs affaires et défaire la spirale mortifère à l'oeuvre.

Malheureusement, pas de grand porte-parole dans les médias.

Cette Europe à plusieurs vitesses permet en effet à des États comme la Pologne, la Hongrie et la Croatie de remettre en cause les droits de l’homme.

Tant qu'ils ne remettent pas en cause les droits des banquiers, l'Europe ne bougera pas. Pas contre, s'ils s'y risquent... (voir l'exemple grec).

 

Sans l'UE, les grecs ne souffriraient pas. Les pouvoirs d'argent ont pu piller la Grèce grâce à l'UE.

sortir de la dictature UE pour ne plus êtres contrôlés par des intérêts financiers internationaux

Croire qu'il suffirait de sortir de l'UE pour échapper aux intérêts financiers internationaux est l'illusion commune à Mélenchon, Le Pen et Asselineau. Est-ce que l'Islande a échappé à la crise des subprimes américaines ? Bien sûr que non. Et pour répondre à votre autre message, sur la Grèce, celle-ci ne souffre d'ailleurs pas que de l'UE mais aussi du FMI. Si elle n'était en face que du FMI, souffrirait-elle moins ? Au vu de l'histoire du FMI ce n'est vraiment pas sûr. D'ailleurs les Grecs ne veulent pas sortir de l'UE, ce sont les Allemands qui voudraient qu'elle sorte.

L'UE n'est pas l'Europe en effet. Mais la question est de savoir comment construire une autre Europe. Ce n'est pas en se vautrant dans la xénophobie anti-allemande comme le font les 3 personnages politiques cités et leurs troupes qu'on y arrivera, bien au contraire.

 

La sortie de l'UE n'est évidemment pas une solution magique pour améliorer le sort des populations. Pas plus que ne le fut la sortie du communisme. Dans les deux cas, il s'agissait de se libérer de systèmes autoritaires et, dans le cas de l'Allemagne en tant que puissance dominante, d'un système inégalitaire. Ce qui est inquiétant, c'est que vous dénonciez les seuls politiques qui apparaissent comme prenant en charge les préoccupations populaires.

Ce qui est inquiétant, c'est que vous dénonciez les seuls politiques qui apparaissent comme prenant en charge les préoccupations populaires

Vous êtes décidément bien aveuglé par votre xénophobie.

A aucun moment je n'émets quelque propos xénophobe que ce soit. Je fais de l'histoire et du reste vous n'avez rien de sérieux à opposer aux faits que j'expose. Je n'aime pas en revanche le racisme social, ni l'admiration pour la puissance de l'Allemagne, qui est une grande tradition de la droite française et que je trouve malsaine.

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