L’immolation de la «jeune fille bleue» bouleverse l’Iran

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Les soirs de Coupe du monde, quand l’équipe nationale de football remporte un match, Téhéran change d’image. La mégapole, triste, grise et largement silencieuse une fois la nuit tombée, est alors balayée par les vents de folie d’un extraordinaire carnaval. Ils sont alors des centaines de milliers de jeunes Iraniens, garçons et filles, à se précipiter dans les rues pour chanter, danser, crier, déclencher les klaxons, se grimer, faire la fête jusqu’à l’aube, tout ce qui leur est habituellement interdit. C’est à ce moment que l’on peut ressentir l’amour extraordinaire que la jeunesse iranienne porte au football. Chez les jeunes filles, il est aussi manifeste que chez les hommes. Avec cette exception de taille : depuis la révolution islamique de 1979, il est interdit aux Iraniennes d’assister à des matches dans les stades, hormis pour des compétitions féminines.