Khashoggi: Macron évoque des "faits très graves" et "inquiétants"

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Emmanuel Macron a évoqué vendredi des "faits très graves" et des "premiers éléments extrêmement inquiétants" concernant la disparition, imputée à l'Arabie saoudite, de l'éditorialiste et collaborateur du Washington Post Jamal Khashoggi à Istanbul.
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PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a évoqué vendredi des "faits très graves" et des "premiers éléments extrêmement inquiétants" concernant la disparition, imputée à l'Arabie saoudite, de l'éditorialiste et collaborateur du Washington Post Jamal Khashoggi à Istanbul.

"J'attends que la vérité et la clarté complètes soient établies", a dit le chef de l'Etat lors d'un entretien accordé à France 24 et RFI, en Arménie, à l'issue du sommet de la francophonie.

"Les faits évoqués sont des faits graves, très graves (...) La France instamment souhaite que tout soit mis en oeuvre pour que nous ayons toute la vérité sur cette affaire dont aujourd'hui les premiers éléments sont (...) extrêmement inquiétants et d'une nature profondément grave", a-t-il ajouté.

A la question de savoir si "l'affaire Khashoggi" pourrait remettre en cause le "partenariat de confiance" noué entre Paris et Ryad, Emmanuel Macron a répondu : "Je fais les choses dans le bon ordre".

"En fonction des éléments qui seront établis, analysés, vérifiés par nos services, j'aurai à ce moment-là une position à prendre. Je ne vais pas aujourd'hui tirer des conclusions hâtives d'une situation dont je ne connais pas les détails, a-t-il dit, précisant qu'il s'entretiendrait à ce sujet "dans les prochains jours" avec le président turc, le prince héritier saoudien et le roi d'Arabie saoudite.

Éditorialiste critique du pouvoir saoudien, Jamal Khashoggi n'a plus donné signe de vie depuis qu'il s'est rendu le 2 octobre dernier au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.

Sa fiancée, qui l'attendait à l'extérieur, assure qu'il n'en est jamais ressorti et des sources au sein des services turcs de sécurité pensent qu'il a été tué à l'intérieur du consulat par une équipe d'une quinzaine de Saoudiens repartis le jour même dans leur pays.

Contrairement à Londres ou Washington, les autorités françaises s'étaient montrées jusqu'à présent relativement discrètes sur ce dossier.

"LA POLITIQUE PRIME SUR L'ECONOMIQUE"

La France, qui a scellé avec l'Arabie saoudite pour plusieurs milliards d'euros de contrats ces dernières années, est sous pression depuis plusieurs mois des ONG qui réclament une suspension de la livraison d'armes à Ryad compte tenu de son rôle dans le conflit au Yémen.

A la question de savoir si la France, comme l'Occident, ne "perdait pas son âme" en vendant des armes à Ryad, Emmanuel Macron a défendu la "politique extrêmement rigoureuse" de son pays en matière de contrôle des exportations de matériels de guerre.

En outre, "nous ne faisons pas partie des fournisseurs sur ces matières-là de l'Arabie saoudite sur ce conflit", a-t-il dit. "Maintenant il faut être clair, nous avons avec l'Arabie saoudite et les Emirats arabes un partenariat de confiance dans la région qui n'est pas commercial mais stratégique".

"Je n'ai jamais installé la diplomatie en fonction de critères commerciaux. Dans la grammaire de la diplomatie française, le politique prime sur l'économique, donc jamais des intérêts de telle ou telle entreprise n'ont primé sur la voix de la France", a-t-il ajouté, jugeant par ailleurs "faux de dire que l'Arabie saoudite est un grand client de la France dans quelque domaine que ce soit".

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