Football Leaks: Radamel Falcao contraint de payer 8,2 millions au fisc espagnol

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À la suite de nos révélations issues des Football Leaks, l'attaquant colombien de l'AS Monaco a dû payer 8,2 millions d'euros au fisc espagnol pour éteindre les poursuites engagées contre lui pour fraude fiscale. Il a par ailleurs impliqué l'agent Jorge Mendes, l'architecte du montage.

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Les sanctions n’en finissent pas de tomber en Espagne dans l’affaire des Football Leaks. Comme l’a révélé ce jeudi notre partenaire El Mundo, qui a révélé ce scandale avec Mediapart et les journaux du réseau EIC, l’attaquant colombien de l’AS Monaco Radamel Falcao a accepté de payer 8,2 millions d’euros au fisc espagnol pour solder les poursuites engagées contre lui pour fraude fiscale. Ses avocats négocient actuellement avec le parquet de Madrid pour homologuer cette transaction pénale.

Radamel Falcao, l'attaquant colombien de l'AS Monaco (à droite) avec son agent Jorge Mendes. © Reuters Radamel Falcao, l'attaquant colombien de l'AS Monaco (à droite) avec son agent Jorge Mendes. © Reuters

Grâce aux documents Football Leaks, nous avions mis à jour en décembre un gigantesque réseau de fraude fiscale mis en place par l’agent portugais Jorge Mendes, qui a permis à sept de ses clients de cacher 188 millions de revenus de sponsoring dans des paradis fiscaux. Parmi eux, la superstar du Real Madrid Cristiano Ronaldo, l’entraîneur de Manchester United José Mourinho et Radamel Falcao. 

La justice espagnole a engagé des poursuites pénales contre la plupart des joueurs concernés. La procédure contre Falcao concerne les années 2011 à 2013, au cours desquelles il a joué à l’Atlético de Madrid avant son transfert à Monaco. Comme nous l’avions révélé, l’international colombien a encaissé pendant cette période 5,9 millions d’euros de revenus de sponsoring via une société-écran immatriculée aux îles Vierges britanniques, Fardey Overseas. Ce montage offshore « avait pour seul objectif de cacher ses revenus au fisc » et « l’intention » de frauder du joueur est caractérisée, écrivait le parquet dans sa plainte, déposée en mai dernier.

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Le ministère public avait au départ retenu un préjudice de 5,6 millions d’euros pour l’État. Mais la fraude a été réévaluée au cours de l’enquête, car Falcao avait aussi dissimulé, en plus de ses droits à l’image, une partie des revenus que lui versaient l’Atlético de Madrid et l’équipe nationale de Colombie. D’où la facture finale de 8,2 millions euros, dont 7,4 millions au titre des montants fraudés et 790 829 euros au titre des intérêts de retard.

D’autres poulains du super agent Jorge Mendes ont eux aussi préféré régler l’affaire à l’amiable. L’actuel joueur du PSG Angel Di Maria a réglé 2 millions d’euros au titre de ses années passées en Espagne. D’autres, comme Cristiano Ronaldo, s’y refusent pour le moment. L’attaquant du Real Madrid est justement convoqué chez le juge le 31 juillet. Il est tellement vexé d’être poursuivi pour fraude fiscale qu’il a menacé de quitter l’Espagne. Une pression manifestement destinée à convaincre le Real de payer son ardoise fiscale à sa place.

Le cas de Radamel Falcao est particulièrement intéressant, car il est le seul à avoir mis en cause Jorge Mendes, l’architecte du système (lire notre enquête ici). Lors de son audition, Falcao a cité l’agent portugais comme étant l’un de ceux qui lui ont conseillé d’adopter le montage. Ce qui a valu à Mendes d’être auditionné et mis en examen pour fraude fiscale le 27 juin dernier. 

L’agent de footballeurs le plus puissant du monde a démenti. Il assure que son rôle consiste « exclusivement » à représenter ses poulains dans les négociations avec les clubs, et que ni lui ni ses collaborateurs « ne sont jamais intervenus dans la constitution des sociétés utilisées par les joueurs et n’ont jamais fourni de conseils fiscaux ».

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Douze journaux européens regroupés au sein du réseau European Investigative Collaborations (EIC), dont Mediapart est l'un des membres fondateurs, ont publié du 2 au 24 décembre 2016 les Football Leaks, la plus grande fuite de l'histoire du sport. Obtenus par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel et analysés par les journaux membres de l'EIC, ces 18,6 millions de documents ont permis de documenter de manière inédite la face noire du football, entre fraude et évasion fiscales, réseaux de prostitution, connexions mafieuses, ou encore exploitation de joueurs mineurs. Soixante journalistes, associés à huit informaticiens qui ont développé des logiciels spéciaux pour l'opération, ont enquêté pendant plus de six mois. Grâce à de nouveaux documents, les investigations se poursuivent.