A Madrid, les gauches sont piégées par le «problème catalan»

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De notre envoyé spécial à Madrid (Espagne).- À peine s’est-il assis à la table d’une cafétéria, dans un quartier populaire du sud de Madrid, que Francisco Frutos tient à mettre les choses au clair. « Le nationalisme et la gauche, c’est incompatible, lance-t-il. La gauche est internationaliste. Elle croit à la lutte des classes. Elle défend les intérêts des ouvriers du monde entier. » Né en 1939 dans une petite station balnéaire de Catalogne, celui qu’on surnomme “Paco” Frutos a dirigé le Parti communiste espagnol (PCE) de 1998 à 2009. Aujourd’hui, ce fils de paysans se dit « triste, déçu, en colère ». S’il devait voter aux élections catalanes du 21 décembre (il réside désormais à Madrid), il ne donnerait son bulletin à aucun parti, pour la première fois de sa vie.