Birmanie: aux origines du «coup de force» de l’armée

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Entretien avec Sophie Boisseau du Rocher et Julie Lavialle-Prélois: elles expliquent les rouages du système ethnonationaliste et militariste de la Birmanie et débattent de la stratégie d’Aung San Suu Kyi, figure critiquée de l’opposition à la junte. 

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© Mediapart

Instauration d’un état d’urgence, blocage des réseaux sociaux, arrestations de dirigeants politiques... : l’armée birmane, qui avait elle-même lancé le processus de transition censé confier le pouvoir politique aux civils, a choisi d’y mettre un terme brutal.

Pour comprendre les décisions des militaires et leur timing, nous avons reçu Sophie Boisseau du Rocher, politiste et chercheuse associée à l’Institut français des relations internationales (Ifri), et Julie Lavialle-Prélois, sociologue en préparation d’une thèse à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Revenant sur la construction nationale birmane, elles remontent à la colonisation britannique pour y trouver les ferments d’une guerre civile larvée avec les minorités ethniques, concentrées dans les États périphériques de cette semi-fédération. La discussion porte également sur la stratégie suivie par Aung San Suu Kyi, la fille du père fondateur du pays, devenue icône de la démocratie face à une junte jalouse de ses privilèges. Arrivée aux responsabilités grâce au processus de transition, son image à l’étranger s’est fortement dégradée en raison des persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas, face auxquelles sa voix n’a pas été jugée assez forte. 

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