Niels Annen (SPD) sur l'Europe: «Hollande a mis le doigt là où ça fait mal»

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L'Allemand Sigmar Gabriel, à la tête du parti social-démocrate (SPD), fait le déplacement à Paris en fin de semaine pour donner son soutien à François Hollande. La gauche allemande est-elle prête à renégocier, elle aussi, le traité européen ? Quel inventaire dresse-t-elle des années Schröder ? Entretien à Berlin avec Niels Annen, l'une des figures montantes du SPD, sur les convergences PS/SPD. Par Thomas Schnee.

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Considéré comme l’un des jeunes espoirs du SPD, Niels Annen (39 ans) est membre du bureau fédéral du Parti social-démocrate (SPD) allemand et vice-président du «Forum de la gauche démocratique 21», un des principaux courants de l’aile gauche du parti.

Alors que Sigmar Gabriel, le patron du SPD, a fait le déplacement, vendredi et samedi, à Paris, pour soutenir le candidat François Hollande, Niels Annen explique à Mediapart la position de son parti sur les traités européens, revient sur la présence d'Angela Merkel dans la campagne française et dresse le délicat inventaire des années Schröder.
 
Depuis le début de la crise, le SPD a voté presque toutes les mesures prises par Angela Merkel pour sauver l'euro, mesures que par ailleurs vous critiquez. On comprend mal…

Notre position face à la crise est claire. Nous critiquons Angela Merkel qui, depuis le début, commence par refuser les plans d’aide financière pour ensuite les accepter. Ses blocages sont parfois justifiés, mais cela aboutit à une politique confuse qui a fait perdre énormément de temps à l’Union européenne. Par ailleurs, elle n’a toujours pas expliqué comment elle comptait relancer la croissance dans les pays en crise.

Sa politique d’austérité budgétaire se fait pour l’instant sur le dos des petites gens qui n’y sont pour rien. Ce n’est pas notre ligne politique. Dans le même temps, on ne peut rester les bras croisés à voir le système s’écrouler. La Grèce a besoin d’argent et d’une meilleure politique budgétaire. On ne peut pas voter contre et leur couper les vivres, on ne peut pas dire non au projet de l’Euro. Cela donne une position contradictoire en apparence, mais qui se justifie.

Contrairement au SPD, le parti socialiste français s’est abstenu dans le vote sur l’extension du Mécanisme européen de stabilité. C'est une divergence importante ? 

Nous sommes deux partis qui évoluent dans deux pays différents, mais l’essentiel à mes yeux, c’est que nous soyons d’accord sur les orientations de fond, et c’est le cas.