Ce devait être une question de semaines, de mois tout au plus, faisait-on valoir à l'Élysée et au ministère de la défense. Il faut maintenant compter en années. Mali, Centrafrique : dans ces deux interventions militaires décidées par François Hollande – la première en janvier 2013, la seconde en décembre 2013 –, rien ne se passe comme prévu. Près de quatre mille hommes sont aujourd'hui engagés. Des effectifs supplémentaires vont l'être dans une opération plus large sur l'ensemble du Sahel. Et l'armée française se trouve durablement enlisée sur des terrains particulièrement dangereux, sans que l'Europe ni des forces africaines ou des Nations unies ne soient en mesure de prendre efficacement le relais.