En Sicile, le calvaire des migrants dans les serres de tomates

Par Cécile Debarge

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Marina di Acate et Raguse (Italie), de notre envoyée spéciale.– Vue du ciel, Marina di Acate émerge timidement parmi les milliers de bâches blanches et grises qui cernent ce tronçon de littoral du sud-est de la Sicile. Sur l’écran de son ordinateur, Vincenzo La Monica pointe un long voile gris métallique qui s’étend sur des dizaines de kilomètres : « Ce sont des serres ! En 1943, c’est là qu’avaient débarqué les Américains ! Autrefois, la région était faite de dunes et de sable, mais l’arrivée des serres a transformé tout le territoire. » Au premier étage du grand bâtiment qui abrite le diocèse de Raguse, le responsable du projet Presidio mené par la Caritas italienne, l’organisation de charité de l’Église catholique, revient sur cinq ans de travail auprès des travailleurs agricoles employés dans les serres : « Ici règnent d’autres lois, c’est un peu la terre de personne. »