Face à la contestation, Babis exclut de démissionner

Par
Le Premier ministre tchèque Andrej Babis, accusé de chercher à entraver une enquête pour fraude le visant, a assuré vendredi qu'il ne démissionnerait "jamais".
Cet article est en accès libre. Découvrez notre offre spéciale ! S'abonner

PRAGUE (Reuters) - Le Premier ministre tchèque Andrej Babis, accusé de chercher à entraver une enquête pour fraude le visant, a assuré vendredi qu'il ne démissionnerait "jamais".

Jeudi soir, des milliers de personnes protestant contre le chef du gouvernement ont manifesté place Venceslas, au coeur de Prague, en clamant "démission!" et "honte!". Certains brandissaient des pancartes avec ce slogan: "A bas Babis!"

"Je ne démissionnerai jamais, jamais", assurait vendredi Andrej Babis sur sa page Facebook. "Que chacun ait bien ça en tête: jamais!"

Les partis de l'opposition ont réclamé la tenue d'un vote sur une motion de censure, qui devrait intervenir le 23 novembre. Un partenaire de la coalition au pouvoir, le CSSD (sociaux-démocrates), envisage parallèlement de quitter le gouvernement, à la suite de révélations sur un enregistrement où l'on entend le fils du Premier ministre dire que son père lui a demandé l'an dernier de se cacher pour éviter d'être interrogé par la police.

Babis affirme que son fils s'est rendu en Crimée de son plein gré. Ce fils, qui a la nationalité suisse, est traité pour des crises de schizophrénie depuis 2015, a-t-il rappelé.

Selon une source au sein du CSSD, certains membres du parti préféreraient rester au sein de la coalition avec le parti ANO d'Andrej Babis. Mais pour le chef de file du CSSD, Jan Hamacek, l'heure est grave.

Babis a obtenu le soutien de Milos Zeman, président pro-russe et pro-chinois qui, jeudi soir, a dit son espoir de voir la situation politique se calmer. Il a déclaré dans une interview télévisée qu'il donnerait une nouvelle chance à Babis de former un gouvernement s'il tombait à la faveur de la motion de censure.

La police a inculpé Andrej Babis et deux de ses enfants, l'an dernier, pour fraude, affirmant qu'il avaient intrigué concernant l'une des entreprises de Babis voici dix ans de sorte qu'elle puisse bénéficier d'une aide publique de deux millions d'euros.

Homme d'affaires milliardaire, Babis est l'homme politique le plus populaire de République tchèque. Il dément toute malversation et conteste l'affaire de l'enregistrement de son fils, qui a été publié par le site internet d'information Seznam.cz.

Prolongez la lecture de Mediapart Accès illimité au Journal contribution libre au Club Profitez de notre offre spéciale